Man page - iptables(8)

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Manual

IPTABLES

NOM
SYNOPSIS
DESCRIPTION
CIBLES
TABLES
OPTIONS
COMMANDES
PARAMÈTRES
AUTRES OPTIONS
FICHIER VERROU
EXTENSIONS DE CORRESPONDANCE ET DE CIBLE
DIAGNOSTICS
BOGUES
COMPATIBILITÉ AVEC IPCHAINS
VOIR AUSSI
AUTEURS
VERSION
TRADUCTION

NOM

iptables/ip6tables — Outil d’administration pour le filtrage et le NAT des paquets IPv4/IPv6

SYNOPSIS

iptables [ -t table ] { -A | -C | -D | -V } chaine spécification_de_rÚgle

ip6tables [ -t table ] { -A | -C | -D | -V } chaine spécification_de_rÚgle

iptables [ -t table ] -I chaine [ numéro_de_rÚgle ] spécification_de_rÚgle

iptables [ -t table ] -R chaine numéro_de_rÚgle spécification_de_rÚgle

iptables [ -t table ] -D chaine numéro_de_rÚgle

iptables [ -t table ] -S [ chaine [ numéro_de_rÚgle ]]

iptables [ -t table ] { -F | -L | -Z } [ chaine [ numéro_de_rÚgle ]] [ options... ]

iptables [ -t table ] -N chaine

iptables [ -t table ] -X [ chaine ]

iptables [ -t table ] -P action chaine

iptables [ -t table ] -E ancienne_chaine nouvelle_chaine

spécification_de_rÚgle = [correspondances...] [cible]

correspondance = -m nom_correspondance [options_par_correspondance]

cible = -j nom_cible [options_par_cible]

DESCRIPTION

Iptables et ip6tables permettent de dĂ©finir, entretenir et inspecter les tables de rĂšgles de filtrage des paquets IPv4 et IPv6 dans le noyau Linux. Plusieurs tables peuvent ĂȘtre dĂ©finies. Chaque table contient des chaines prĂ©dĂ©finies, mais peut aussi contenir des chaines dĂ©finies par l’utilisateur.

Chaque chaine est une liste de rĂšgles qui peuvent s’appliquer Ă  un ensemble de paquets. Chaque rĂšgle spĂ©cifie quoi faire d’un paquet qui correspond. Cette action que l’on nomme « cible » peut ĂȘtre un saut vers une chaine dĂ©finie par l’utilisateur dans la mĂȘme table.

CIBLES

Une rĂšgle de pare-feu spĂ©cifie des critĂšres pour un paquet et une cible. Si un paquet ne correspond pas, la rĂšgle suivante dans la chaine est examinĂ©e ; s’il correspond, la rĂšgle suivante est spĂ©cifiĂ©e par la valeur de la cible qui peut ĂȘtre le nom d’une chaine dĂ©finie par l’utilisateur, une des cibles dĂ©crites dans iptables-extensions (8) ou une des valeurs spĂ©ciales ACCEPT , DROP ou RETURN .

ACCEPT signifie que le paquet peut passer. DROP signifie que le paquet doit ĂȘtre rejetĂ©. RETURN signifie que l’on doit arrĂȘter de parcourir cette chaine et reprendre Ă  la rĂšgle suivante de la chaine prĂ©cĂ©dente (appelante). Si la fin d’une chaine prĂ©dĂ©finie est atteinte ou si une rĂšgle d’une chaine prĂ©dĂ©finie ayant pour cible RETURN s’applique, la cible par dĂ©faut de la chaine dĂ©terminera le sort du paquet.

TABLES

Il existe actuellement cinq tables indépendantes (la liste des tables présentes à tout moment dépend des options de configuration du noyau et de la liste des modules présents).
-t
, --table table

Cette option spĂ©cifie la table de correspondance des paquets sur laquelle la commande doit opĂ©rer. Si le noyau est configurĂ© pour charger les modules automatiquement, il tentera de charger le module appropriĂ© Ă  cette table, s’il ne l’est pas dĂ©jĂ .

Les tables sont les suivantes :
filter
:

Il s’agit de la table par dĂ©faut (dans le cas oĂč aucune option -t n’est spĂ©cifiĂ©e). Elle contient les chaines prĂ©dĂ©finies INPUT (pour les paquets destinĂ©s aux sockets locaux), FORWARD (pour les paquets routĂ©s par la machine) et OUTPUT (pour les paquets gĂ©nĂ©rĂ©s localement).

nat :

Cette table est consultĂ©e quand arrive un paquet qui crĂ©e une nouvelle connexion. Elle comporte quatre chaines prĂ©dĂ©finies : PREROUTING (pour modifier les paquets dĂšs leur entrĂ©e), INPUT (pour modifier les paquets destinĂ©s aux sockets locaux), OUTPUT (pour modifier les paquets gĂ©nĂ©rĂ©s localement avant leur routage) et POSTROUTING (pour modifier les paquets lorsqu’ils sont sur le point de sortir). Le NAT IPv6 est pris en charge depuis la version 3.7 du noyau.

mangle :

Cette table est utilisĂ©e pour une modification spĂ©cialisĂ©e des paquets. Jusqu’à la version 2.4.17 du noyau, elle comportait deux chaines prĂ©dĂ©finies : PREROUTING (pour la modification des paquets entrants avant leur routage) et OUTPUT (pour la modification des paquets gĂ©nĂ©rĂ©s localement avant leur routage). Depuis la version 2.4.18, trois autres chaines prĂ©dĂ©finies sont prises en charge : INPUT (pour les paquets entrant dans la machine elle-mĂȘme), FORWARD (pour la modification des paquets routĂ©s Ă  travers la machine) et POSTROUTING (pour modifier les paquets lorsqu’ils sont sur le point de sortir).

raw :

Cette table est principalement utilisĂ©e pour configurer les exemptions de suivi de connexion en combinaison avec la cible NOTRACK. Elle s’enregistre aux accroches netfilter avec une prioritĂ© supĂ©rieure et est ainsi appelĂ©e avant ip_conntrack ou toute autre table IP. Elle comporte les chaines prĂ©dĂ©finies suivantes : PREROUTING (pour les paquets arrivant par toute interface rĂ©seau) et OUTPUT (pour les paquets gĂ©nĂ©rĂ©s par des processus locaux).

security :

Cette table est utilisĂ©e pour les rĂšgles Mandatory Access Control (MAC), comme celles qui sont activĂ©es par les cibles SECMARK et CONNSECMARK . Mandatory Access Control est implĂ©mentĂ© par les modules de sĂ©curitĂ© Linux comme SELinux. La table security est appelĂ©e aprĂšs la table filter, ce qui permet Ă  toute rĂšgle Discretionary Access Control (DAC) de la table filter de prendre effet avant les rĂšgles MAC. Elle comporte les chaines prĂ©dĂ©finies suivantes : INPUT (pour les paquets entrant dans la machine elle-mĂȘme), OUTPUT (pour la modification des paquets gĂ©nĂ©rĂ©s localement avant leur routage) et FORWARD (pour la modification des paquets routĂ©s Ă  travers la machine).

OPTIONS

Les options reconnues par iptables et ip6tables peuvent ĂȘtre rĂ©parties en plusieurs groupes.

COMMANDES

Ces options spĂ©cifient l’action Ă  exĂ©cuter. Sauf indications contraires prĂ©cisĂ©es plus loin, la ligne de commande ne peut comporter qu’une seule de ces options. Pour les versions longues des noms de commande et d’option, il vous suffit de prĂ©ciser suffisamment de lettres pour ĂȘtre sĂ»r qu’ iptables puisse les diffĂ©rencier des autres commandes et options.
-A
, --append chaine spécification_de_rÚgle

Ajouter une ou plusieurs rĂšgles Ă  la fin de la chaine indiquĂ©e. Lorsque les noms de source et/ou destination se rĂ©solvent en plusieurs adresses, une rĂšgle sera ajoutĂ©e pour chaque combinaison d’adresses possible.

-C , --check chaine spécification_de_rÚgle

VĂ©rifier si une rĂšgle correspondant Ă  la spĂ©cification existe dans la chaine indiquĂ©e. Cette commande utilise la mĂȘme logique que -D pour trouver une entrĂ©e qui correspond, mais ne modifie pas la configuration d’iptables existante et utilise son code de retour pour indiquer un succĂšs ou un Ă©chec.

-D , --delete chaine spécification_de_rÚgle
-D
, --delete chaine numéro_de_rÚgle

Supprimer une ou plusieurs rĂšgles de la chaine indiquĂ©e. Il existe deux versions de cette commande : la rĂšgle peut ĂȘtre rĂ©fĂ©rencĂ©e par son numĂ©ro dans la chaine (en commençant par 1 pour la premiĂšre rĂšgle) ou par une correspondance avec une certaine rĂšgle.

-I , --insert chaine [ numéro_de_rÚgle ] spécification_de_rÚgle

InsĂ©rer une ou plusieurs rĂšgles dans la chaine indiquĂ©e avec le numĂ©ro de rĂšgle donnĂ©. Ainsi, si le numĂ©ro donnĂ© est 1, la(les) rĂšgle(s) sont insĂ©rĂ©es en tĂȘte de chaine. Il s’agit d’ailleurs du comportement par dĂ©faut si aucun numĂ©ro de rĂšgle n’est donnĂ©.

-R , --replace chaine numéro_de_rÚgle spécification_de_rÚgle

Remplacer une rÚgle dans la chaine indiquée. Si les noms de source et/ou de destination se résolvent en plusieurs adresses, la commande échouera. Les rÚgles sont numérotées à partir de 1.

-L , --list [ chaine ]

Lister toutes les rĂšgles de la chaine indiquĂ©e. Si aucune chaine n’est indiquĂ©e, toutes les chaines sont listĂ©es. Cette commande, comme toutes les autres commandes d’iptables, s’applique Ă  la table indiquĂ©e (la table par dĂ©faut est filter) ; ainsi, les rĂšgles de NAT peuvent ĂȘtre listĂ©es par
iptables -t nat -n -L
Veuillez noter que cette option est souvent utilisĂ©e en combinaison avec l’option -n afin d’éviter de longues recherches DNS inverses. On peut aussi spĂ©cifier l’option -Z (zĂ©ro), auquel cas la(les) chaine(s) seront automatiquement listĂ©es puis mises Ă  zĂ©ro. La sortie exacte dĂ©pend des autres options spĂ©cifiĂ©es. Les rĂšgles exactes sont supprimĂ©es Ă  moins que vous n’utilisiez
iptables -L -v
ou iptables-save (8).

-S , --list-rules [ chaine ]

Afficher toutes les rĂšgles de la chaine indiquĂ©e. Si aucune chaine n’est indiquĂ©e, toutes les chaines sont affichĂ©es comme avec iptables-save. Cette commande, comme toutes les autres commandes d’iptables, s’applique Ă  la table indiquĂ©e (la table par dĂ©faut est filter).

-F , --flush [ chaine ]

Vider la chaine indiquĂ©e (ou toutes les chaines de la table si aucune chaine n’est indiquĂ©e). Cette option produit le mĂȘme effet qu’un effacement de toutes les rĂšgles une par une.

-Z , --zero [ chaine [ numéro_de_rÚgle ]]

Remettre Ă  zĂ©ro les compteurs de paquets et d’octets de toutes les chaines, ou seulement de la chaine indiquĂ©e, ou seulement de la rĂšgle indiquĂ©e dans une chaine donnĂ©e. On peut aussi ajouter l’option -L , --list (list) pour voir les compteurs juste avant leur rĂ©initialisation (voir plus haut).

-N , --new-chain chaine

CrĂ©er une nouvelle chaine dĂ©finie par l’utilisateur avec le nom donnĂ©. Il ne doit pas exister de cible avec le mĂȘme nom.

-X , --delete-chain [ chaine ]

Supprimer la chaine indiquĂ©e. Il ne doit pas exister de rĂ©fĂ©rences Ă  cette chaine. S’il en existe, vous devez supprimer ou remplacer les rĂšgles contenant ces rĂ©fĂ©rences pour que la chaine puisse ĂȘtre supprimĂ©e. La chaine doit ĂȘtre vide, autrement dit ne contenir aucune rĂšgle. Si aucune chaine n’est indiquĂ©e, cette option va supprimer toutes les chaines vides de la table. Les chaines prĂ©dĂ©finies vides ne peuvent ĂȘtre supprimĂ©es qu’à l’aide de iptables-nft .

-P , --policy chaine cible

DĂ©finir l’action par dĂ©faut de la chaine prĂ©dĂ©finie (non dĂ©finie par l’utilisateur) avec la cible donnĂ©e. La cible de l’action par dĂ©faut est soit ACCEPT , soit DROP .

-E , --rename-chain ancienne_chaine nouvelle_chaine

Renommer la chaine spĂ©cifiĂ©e avec le nouveau nom donnĂ©. Cette action est cosmĂ©tique et n’a aucun effet sur la structure de la table.

-h

Afficher l’aide. Donner une description (actuellement trùs brùve) de la syntaxe de la commande.

PARAMÈTRES

Les paramĂštres suivants complĂštent l’énoncĂ© d’une rĂšgle (lorsqu’ils sont utilisĂ©s dans une des commandes add, delete, insert, replace et append).
-4
, --ipv4

Ce paramĂštre n’a aucun effet avec iptables et iptables-restore. Si une rĂšgle utilisant le paramĂštre -4 est insĂ©rĂ©e Ă  l’aide de (et seulement de) ip6tables-restore , elle sera ignorĂ©e silencieusement. Toutes les autres utilisations provoqueront une erreur. Ce paramĂštre permet d’inscrire des rĂšgles IPv4 et IPv6 dans un seul fichier de rĂšgles Ă  utiliser avec iptables-restore et ip6tables-restore.

-6 , --ipv6

Si une rĂšgle utilisant le paramĂštre -6 est insĂ©rĂ©e Ă  l’aide de (et seulement de) iptables-restore , elle sera ignorĂ©e silencieusement. Toutes les autres utilisations provoqueront une erreur. Ce paramĂštre permet d’inscrire des rĂšgles IPv4 et IPv6 dans un seul fichier de rĂšgles Ă  utiliser avec iptables-restore et ip6tables-restore. Ce paramĂštre n’a aucun effet avec ip6tables et ip6tables-restore.

[ ! ] -p , --protocol protocole

Le protocole de la rĂšgle ou du paquet Ă  vĂ©rifier. Le protocole spĂ©cifiĂ© peut ĂȘtre tcp , udp , udplite , icmp , icmpv6 , esp , ah , sctp , mh , ou le mot-clĂ© spĂ©cial « all », ou une valeur numĂ©rique reprĂ©sentant un des protocoles prĂ©citĂ©s ou un protocole diffĂ©rent. Un nom de protocole issu de /etc/protocols est aussi autorisĂ©. Un argument « ! » avant le protocole inverse le test. Le nombre zĂ©ro est Ă©quivalent Ă  all . « all » correspond Ă  tous les protocoles et c’est la valeur du paramĂštre par dĂ©faut si ce dernier est omis. Notez que dans ip6tables, Ă  l’exception de esp , les en-tĂȘtes d’extensions IPv6 ne sont pas autorisĂ©s. esp et ipv6-nonext peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă  partir de la version 2.6.11 du noyau. Le nombre zĂ©ro est Ă©quivalent Ă  all , ce qui implique que vous ne pouvez pas tester le champ protocole pour la valeur 0 directement. Pour rechercher une correspondance avec un en-tĂȘte HBH, mĂȘme s’il s’agissait du dernier, vous ne pouvez pas utiliser -p 0 ; vous devrez toujours utiliser -m hbh .

[ ! ] -s , --source adresse [ / masque ][ , ... ]

SpĂ©cifier la source. Address peut ĂȘtre un nom de rĂ©seau, un nom d’hĂŽte, une adresse rĂ©seau IP (avec / mask ) ou une adresse IP complĂšte. Les noms d’hĂŽtes ne seront rĂ©solus qu’une seule fois avant que la rĂšgle ne soit soumise au noyau. Notez que spĂ©cifier un nom devant ĂȘtre rĂ©solu Ă  distance, par exemple par DNS, est vraiment une mauvaise idĂ©e. mask peut ĂȘtre soit un masque rĂ©seau ipv4 (pour iptables), soit un nombre indiquant le nombre de bits Ă  1 en partant de la gauche du masque rĂ©seau. Ainsi, un masque iptables de 24 est Ă©quivalent Ă  255.255.255.0 . Un argument « ! » avant la spĂ©cification de l’adresse inverse les critĂšres de sĂ©lection de cette adresse. --src est un alias pour ce paramĂštre. On peut spĂ©cifier plusieurs adresses, mais cela entraĂźnera la crĂ©ation de plusieurs rĂšgles (lors d’un ajout avec -A) ou la suppression de plusieurs rĂšgles (avec -D).

[ ! ] -d , --destination adresse [ / masque ][ , ... ]

Spécifier la destination. Voir la description du paramÚtre -s (source) pour une description détaillée de la syntaxe. --dst est un alias pour ce paramÚtre.

-m , --match correspondance

SpĂ©cifier une correspondance Ă  utiliser, c’est-Ă -dire un module d’extension qui vĂ©rifie une propriĂ©tĂ© spĂ©cifique. L’ensemble de correspondances constitue la condition Ă  laquelle une cible sera invoquĂ©e. Les correspondances sont Ă©valuĂ©es de la premiĂšre Ă  la derniĂšre selon leurs spĂ©cifications dans la ligne de commande et travaillent en mode court-circuit ; c’est-Ă -dire que si l’une d’entre elles a pour rĂ©sultat « faux », l’évaluation s’arrĂȘte.

-j , --jump cible

SpĂ©cifier la cible de la rĂšgle ; c’est-Ă -dire quoi faire si le paquet correspond aux critĂšres de sĂ©lection. La cible peut ĂȘtre une chaine dĂ©finie par l’utilisateur (diffĂ©rente de celle dans laquelle se trouve la rĂšgle), une des cibles prĂ©dĂ©finies spĂ©ciales qui dĂ©cident du sort du paquet immĂ©diatement ou une extension (voir plus loin EXTENSIONS DE CORRESPONDANCE ET DE CIBLE ). Si ce paramĂštre est omis pour une rĂšgle (et si -g n’est pas utilisĂ©), la recherche de correspondance de la rĂšgle au paquet n’aura aucun effet sur le sort de ce dernier, mais les compteurs de la rĂšgle seront incrĂ©mentĂ©s.

-g , --goto chaine

SpĂ©cifier que le traitement doit continuer dans la chaine donnĂ©e. Contrairement Ă  l’utilisation de l’option --jump, RETURN ne poursuivra pas le traitement dans cette chaine, mais plutĂŽt dans la chaine qui nous a appelĂ© Ă  l’aide de --jump.

[ ! ] -i , --in-interface nom

Le nom de l’interface sur laquelle le paquet a Ă©tĂ© reçu (seulement pour les paquets qui entrent dans les chaines INPUT , FORWARD ou PREROUTING ). Si l’argument « ! » prĂ©cĂšde le nom de l’interface, le critĂšre de sĂ©lection sera inversĂ©. Si le nom de l’interface se termine par un « + », toute interface qui commence par ce nom correspondra. Si ce paramĂštre est omis, toute interface correspondra.

[ ! ] -o , --out-interface nom

Le nom de l’interface par laquelle le paquet est sur le point d’ĂȘtre envoyĂ© (seulement pour les paquets entrant dans les chaines FORWARD , OUTPUT ou POSTROUTING ). Si l’argument « ! » prĂ©cĂšde le nom de l’interface, le critĂšre de sĂ©lection sera inversĂ©. Si le nom de l’interface se termine par un « + », toute interface qui commence par ce nom correspondra. Si ce paramĂštre est omis, toute interface correspondra.

[ ! ] -f , --fragment

SpĂ©cifier ce paramĂštre signifie que la rĂšgle ne fait rĂ©fĂ©rence qu’au second fragment IPv4 et les suivants des paquets fragmentĂ©s. Comme il n’y a aucun moyen de dĂ©terminer les ports source ou destination d’un tel paquet (ou le type ICMP), ce paquet ne correspondra Ă  aucune rĂšgle qui spĂ©cifie des ports. Si l’argument « ! » prĂ©cĂšde le symbole « -f », la rĂšgle ne recherchera de correspondance qu’avec les fragments d’en-tĂȘte ou les paquets non fragmentĂ©s. Ce paramĂštre est spĂ©cifique Ă  IPv4 et n’est pas disponible dans ip6tables.

-c , --set-counters paquets octets

Ce paramĂštre permet Ă  l’administrateur d’initialiser les compteurs de paquets et d’octets d’une rĂšgle (au cours des opĂ©rations INSERT , APPEND et REPLACE ).

AUTRES OPTIONS

Les options supplĂ©mentaires suivantes peuvent ĂȘtre spĂ©cifiĂ©es :
-v
, --verbose

Affichage dĂ©taillĂ©. Avec cette option, la commande list affiche le nom de l’interface, les options des rĂšgles (s’il y en a) et les masques TOS (Type Of Service). Les compteurs de paquets et d’octets sont aussi affichĂ©s avec le suffixe « K », « M » ou « G » pour les multiplicateurs 1 000, 1 000 000 et 1 000 000 000, respectivement (voir cependant le drapeau -x pour modifier cela). Dans le cas d’un ajout, d’une insertion, d’une suppression ou d’un remplacement, cette option provoque l’affichage d’informations dĂ©taillĂ©es Ă  propos de la ou les rĂšgle(s). -v peut aussi ĂȘtre spĂ©cifiĂ©e plusieurs fois pour Ă©ventuellement afficher des instructions de dĂ©bogage plus dĂ©taillĂ©es : si elle est spĂ©cifiĂ©e deux fois, iptables-legacy affichera les informations et les entrĂ©es de la table dans le style libiptc, et iptables-nft affichera les rĂšgles dans le style netlink (code VM) ; si elle est spĂ©cifiĂ©e trois fois, iptables-nft affichera aussi tout message netlink envoyĂ© au noyau.

-V , --version

Afficher la version du programme et l’API du noyau utilisĂ©e.

-w , --wait [ secondes ]

Attendre le verrouillage de xtables. Pour prĂ©venir l’exĂ©cution simultanĂ©e de plusieurs instances du programme, ce dernier va tenter d’obtenir un verrouillage exclusif Ă  son lancement. Par dĂ©faut, le programme s’arrĂȘtera s’il ne peut pas obtenir le verrouillage. Avec cette option, le programme attendra (indĂ©finiment ou pendant une durĂ©e dĂ©finie par l’argument facultatif secondes ) jusqu’à ce qu’il obtienne le verrouillage exclusif.

-n , --numeric

Afficher les informations sous forme numĂ©rique. Les adresses IP et les numĂ©ros de port seront affichĂ©s au format numĂ©rique. Par dĂ©faut, le programme tente de les afficher sous la forme de nom d’hĂŽte, de nom de rĂ©seau ou de service (lorsque c’est possible).

-x , --exact

Afficher les nombres sous forme Ă©tendue. Afficher la valeur exacte des compteurs de paquets et d’octets au lieu de leur valeur arrondie au Ko (multiple de 1000), au Mo (multiple de 1000K) ou au Go (multiple de 1000M). Cette option n’est pertinente que pour la commande -L .

--line-numbers

Lors de l’affichage des rĂšgles, ajouter, au dĂ©but de chacune d’entre elles, les numĂ©ros de ligne qui correspondent Ă  la position de la rĂšgle dans la chaine.

--modprobe= commande

Lors de l’ajout ou de l’insertion de rĂšgles dans une chaine, utiliser commande pour charger tout module nĂ©cessaire (cibles, extensions de correspondance, etc.).

FICHIER VERROU

iptables utilise le fichier /run/xtables.lock pour obtenir un verrouillage exclusif Ă  son lancement.

On peut utiliser la variable d’environnement XTABLES_LOCKFILE pour modifier le comportement par dĂ©faut.

EXTENSIONS DE CORRESPONDANCE ET DE CIBLE

iptables peut utiliser des versions étendues des recherches de correspondance de paquets et des modules de cibles. Une liste de ces extensions est disponible dans la page de manuel iptables-extensions (8).

DIAGNOSTICS

DiffĂ©rents messages d’erreur peuvent s’afficher sur la sortie d’erreur standard. Le code de retour de 0 indique un fonctionnement correct. Les erreurs qui semblent ĂȘtre causĂ©es par des paramĂštres de la ligne de commande non valables ou non pertinents gĂ©nĂšrent un code de retour de 2 . Les erreurs qui indiquent une incompatibilitĂ© entre le noyau et l’espace utilisateur gĂ©nĂšrent un code de retour de 3 . Les erreurs qui indiquent un problĂšme de ressource, comme un verrou occupĂ©, un Ă©chec d’allocation de mĂ©moire ou des messages d’erreur du noyau gĂ©nĂšrent un code de retour de 4 . Enfin, les autres erreurs gĂ©nĂšrent un code de retour de 1 .

BOGUES

Des bogues ? Qu’est-ce que c’est ? ;-) Ok, vous devriez jeter un coup d’Ɠil Ă  https://bugzilla.netfilter.org/. iptables s’arrĂȘtera avec un code d’erreur de 111 s’il voit qu’il a Ă©tĂ© appelĂ© en tant que programme setuid-to-root. iptables ne peut pas ĂȘtre utilisĂ© en toute sĂ©curitĂ© de cette maniĂšre, car il fait confiance aux bibliothĂšques partagĂ©es (correspondances, cibles) chargĂ©es Ă  l’exĂ©cution ; le chemin de recherche peut ĂȘtre dĂ©fini en utilisant des variables d’environnement.

COMPATIBILITÉ AVEC IPCHAINS

iptables est trĂšs similaire Ă  ipchains de Rusty Russell. La principale diffĂ©rence rĂ©side dans le fait que les chaines INPUT et OUTPUT ne sont parcourues que par les paquets entrant dans l’hĂŽte local et gĂ©nĂ©rĂ©s par l’hĂŽte local, respectivement. Ainsi, tout paquet ne parcourt qu’une des trois chaines (sauf pour le trafic loopback qui implique les deux chaines INPUT et OUTPUT) ; auparavant, un paquet transfĂ©rĂ© passait par les trois chaines.

Une autre diffĂ©rence importante rĂ©side dans le fait que -i fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’interface d’entrĂ©e, que -o fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’interface de sortie et que les deux sont valables pour les paquets qui entrent dans la chaine FORWARD .

Les diffĂ©rentes formes de NAT ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es ; iptables est un pur filtre de paquets lorsqu’il utilise la table par dĂ©faut « filter » avec des modules d’extension optionnels. Cela devrait Ă©viter l’essentiel de la confusion sur la combinaison du camouflage d’IP (masquerading) et du filtrage de paquets vue auparavant. Les options suivantes sont donc maintenant gĂ©rĂ©es diffĂ©remment :
-j MASQ
-M -S
-M -L
Il y a plusieurs autres changements dans iptables.

VOIR AUSSI

iptables-apply (8), iptables-save (8), iptables-restore (8), iptables-extensions (8),

Le packet-filtering-HOWTO dĂ©taille l’utilisation d’iptables pour le filtrage de paquets, le NAT-HOWTO dĂ©taille le NAT, le netfilter-extensions-HOWTO dĂ©taille les extensions qui ne font pas partie de la distribution standard et le netfilter-hacking-HOWTO dĂ©taille le fonctionnement interne de netfilter.
Voir https://www.netfilter.org/ .

AUTEURS

Rusty Russell est Ă  l’origine de l’écriture d’iptables en consultation prĂ©alable avec Michael Neuling.

Marc Boucher a poussĂ© Rusty Ă  abandonner ipnatctl en mettant en avant un cadriciel de sĂ©lection de paquets gĂ©nĂ©rique dans iptables ; puis il a Ă©crit la table mangle, la correspondance basĂ©e sur le propriĂ©taire, le dispositif de marquage et s’est investi çà et lĂ  en dĂ©veloppant des trucs sympas dans tous les domaines.

James Morris a écrit la cible TOS et la correspondance basée sur tos.

Jozsef Kadlecsik a écrit la cible REJECT.

Harald Welte a écrit les cibles ULOG et NFQUEUE, la nouvelle bibliothÚque libiptc, ainsi que les correspondances et cibles TTL, DSCP et ECN.

L’Équipe Centrale Netfilter se compose de : Jozsef Kadlecsik, Pablo Neira Ayuso, Eric Leblond, Florian Westphal et Arturo Borrero Gonzalez. Les membres Ă©mĂ©rites de l’Équipe Centrale sont : Marc Boucher, Martin Josefsson, Yasuyuki Kozakai, James Morris, Harald Welte et Rusty Russell.

Page de manuel initialement écrite par Herve Eychenne <rv@wallfire.org>.

VERSION

Cette page de manuel s’applique à iptables/ip6tables 1.8.11.

TRADUCTION

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Donnier, Guillaume Audirac et Lucien Gentis <lucien.gentis@waika9.com>

Cette traduction est une documentation libre ; veuillez vous reporter à la GNU General Public License version 3 concernant les conditions de copie et de distribution. Il n’y a aucune RESPONSABILITÉ LÉGALE.

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