Man page - ptrace(2)

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Manual

ptrace

NOM
BIBLIOTHÈQUE
SYNOPSIS
DESCRIPTION
Mort sous ptrace
États arrĂȘtĂ©s
ArrĂȘt-distribution-signal
Injection et suppression de signal
ArrĂȘt-groupe
ArrĂȘts PTRACE_EVENT
ArrĂȘts-appel-systĂšme
ArrĂȘts PTRACE_EVENT_SECCOMP (Linux 3.5 Ă  Linux 4.7)
ArrĂȘts PTRACE_EVENT_SECCOMP (depuis Linux 4.8)
ArrĂȘts PTRACE_SINGLESTEP
Commandes ptrace d’information et de redĂ©marrage
Attachement et détachement
execve(2) sous ptrace
Vrai parent
VALEUR RENVOYÉE
ERREURS
STANDARDS
HISTORIQUE
NOTES
VĂ©rification du mode d’accĂšs ptrace
/proc/sys/kernel/yama/ptrace_scope
Différences entre bibliothÚque C et noyau
BOGUES
VOIR AUSSI
TRADUCTION

NOM

ptrace - Suivre un processus

BIBLIOTHÈQUE

BibliothĂšque C standard ( libc , -lc )

SYNOPSIS

#include <sys/ptrace.h>

long ptrace(enum __ptrace_request op , pid_t pid ,
void *
addr , void * data );

DESCRIPTION

L’appel systĂšme ptrace () fournit Ă  un processus (l’« observateur ») un moyen d’observer et de contrĂŽler l’exĂ©cution d’un autre processus (l’« observé »), et d’examiner et Ă©diter la mĂ©moire et les registres de l’observĂ©. L’utilisation principale de cette fonction est l’implĂ©mentation de points d’arrĂȘt pour le dĂ©bogage, et pour suivre les appels systĂšme.

Un observĂ© doit d’abord ĂȘtre attachĂ© Ă  l’observateur. L’attachement et les commandes suivantes sont par thread : dans un processus multithreadĂ©, chaque thread peut ĂȘtre attachĂ© individuellement Ă  un observateur (Ă©ventuellement diffĂ©rent), ou ĂȘtre laissĂ© dĂ©tachĂ© et donc non dĂ©boguĂ©. Par consĂ©quent, l’« observé » signifie toujours « (un) thread », jamais « un processus (Ă©ventuellement multithreadĂ©) ». Les commandes ptrace sont toujours envoyĂ©es Ă  un observĂ© spĂ©cifique en utilisant un appel de la forme

ptrace(PTRACE_truc, pid, ...)

oĂč pid est l’identifiant de thread du thread Linux correspondant.

(Remarquez que dans cette page, un « processus multithreadé » signifie un groupe de threads constituĂ© de threads créés en utilisant l’attribut CLONE_THREAD de clone (2).)

Un processus peut dĂ©marrer un suivi en appelant fork (2) et faire en sorte que l’enfant créé fasse un PTRACE_TRACEME , suivi (en gĂ©nĂ©ral) par un execve (2). Autrement, un processus peut commencer Ă  suivre un autre processus en utilisant PTRACE_ATTACH ou PTRACE_SEIZE .

L’observĂ© s’arrĂȘtera Ă  chaque fois qu’un signal lui sera distribuĂ©, mĂȘme si le signal est ignorĂ© (Ă  l’exception de SIGKILL qui a les effets habituels). L’observateur sera prĂ©venu Ă  son prochain appel de waitpid (2) (ou un des appels systĂšme liĂ©s Ă  « wait ») ; cet appel renverra une valeur status contenant les renseignements indiquant la raison de l’arrĂȘt de l’observĂ©. Lorsque l’observĂ© est arrĂȘtĂ©, l’observateur peut utiliser plusieurs opĂ©rations ptrace pour inspecter et modifier l’observĂ©. L’observateur peut Ă©galement laisser continuer l’exĂ©cution de l’observĂ©, en ignorant Ă©ventuellement le signal ayant dĂ©clenchĂ© l’arrĂȘt, ou mĂȘme en envoyant un autre signal.

Si l’option PTRACE_O_TRACEEXEC n’est pas effective, tous les appels rĂ©ussis d’ execve (2) par le processus suivi dĂ©clencheront l’envoi d’un signal SIGTRAP , ce qui permet au parent de reprendre le contrĂŽle avant que le nouveau programme commence son exĂ©cution.

Quand l’observateur a fini le suivi, il peut forcer l’observĂ© Ă  continuer normalement, en mode non suivi, avec PTRACE_DETACH .

La valeur de l’argument op indique prĂ©cisĂ©ment l’opĂ©ration Ă  entreprendre.
PTRACE_TRACEME

Le processus en cours va ĂȘtre suivi par son parent. Un processus ne devrait sans doute pas envoyer cette opĂ©ration si son parent n’est pas prĂȘt Ă  le suivre. Dans cette requĂȘte pid , addr , et data sont ignorĂ©s.

L’opĂ©ration PTRACE_TRACEME ne sert qu’à l’observĂ©. Les opĂ©rations restantes ne servent qu’à l’observateur. Dans les observations suivantes, pid prĂ©cise l’identifiant de thread de l’observĂ© sur lequel agir. Pour d’autres opĂ©rations que PTRACE_ATTACH , PTRACE_SEIZE , PTRACE_INTERRUPT et PTRACE_KILL , l’observĂ© doit ĂȘtre arrĂȘtĂ©.

PTRACE_PEEKTEXT
PTRACE_PEEKDATA

Lire un mot Ă  l’adresse addr dans l’espace mĂ©moire de l’observĂ© et le renvoyer en rĂ©sultat de l’appel ptrace (). Linux ne sĂ©pare pas les espaces d’adressage de code et de donnĂ©es, donc ces deux opĂ©rations sont Ă©quivalentes ( data est ignorĂ©, consultez la section NOTES).

PTRACE_PEEKUSER

Lire un mot Ă  la position addr dans l’espace USER de l’observĂ©, qui contient les registres et divers renseignements sur le processus (voir <sys/user.h> ). Le mot est renvoyĂ©e en rĂ©sultat de ptrace (). En principe, l’adresse doit ĂȘtre alignĂ©e sur une frontiĂšre de mots, bien que cela varie selon les architectures. Consultez la section NOTES . ( data est ignorĂ©, consultez la section NOTES ).

PTRACE_POKETEXT
PTRACE_POKEDATA

Copier le mot data vers l’adresse addr de la mĂ©moire de l’observĂ©. Comme pour PTRACE_PEEKTEXT et PTRACE_PEEKDATA , ces deux opĂ©rations sont Ă©quivalentes.

PTRACE_POKEUSER

Copier le mot data vers l’adresse addr dans l’espace USER de l’observĂ©. Comme pour PTRACE_PEEKUSER , les emplacements doivent ĂȘtre alignĂ©s sur une frontiĂšre de mot. Pour maintenir l’intĂ©gritĂ© du noyau, certaines modifications de la zone USER sont interdites.

PTRACE_GETREGS
PTRACE_GETFPREGS

Copier les registres gĂ©nĂ©raux ou du processeur en virgule flottante de l’observĂ©, vers l’adresse data de l’observateur. Consultez <sys/user.h> pour les dĂ©tails sur le format de ces donnĂ©es ( addr est ignorĂ©). Remarquez que les systĂšmes SPARC ont la signification de data et addr inversĂ©e, c’est-Ă -dire que data est ignorĂ© et les registres sont copiĂ©s vers l’adresse addr . PTRACE_GETREGS et PTRACE_GETFPREGS ne sont pas prĂ©sents sur toutes les architectures.

PTRACE_GETREGSET (depuis Linux 2.6.34)

Lire les registres de l’observĂ©. addr indique, de maniĂšre dĂ©pendante de l’architecture, le type de registres Ă  lire. NT_PRSTATUS (avec une valeur numĂ©rique de 1) a pour consĂ©quence habituelle la lecture de registres gĂ©nĂ©raux. Si le processeur a, par exemple, des registres en virgule flottante ou en vecteur, ils peuvent ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© en configurant addr Ă  la constante NT_foo correspondante. data pointe vers une struct iovec , qui dĂ©crit l’emplacement et la taille du tampon de destination. Le noyau modifie iov.len au retour pour indiquer le vĂ©ritable nombre d’octets renvoyĂ©s.

PTRACE_SETRGS
PTRACE_SETFPREGS

Modifier les registres gĂ©nĂ©raux ou du processeur en virgule flottante de l’observĂ©, depuis l’adresse data de l’observateur. Comme pour PTRACE_POKEUSER , certaines modifications de registres gĂ©nĂ©raux pourraient ĂȘtre interdites ( addr est ignorĂ©). Remarquez que les systĂšmes SPARC ont la signification de data et addr inversĂ©e, c’est-Ă -dire que data est ignorĂ© et les registres sont copiĂ©s depuis l’adresse addr . PTRACE_SETREGS et PTRACE_SETFPREGS ne sont pas prĂ©sents sur toutes les architectures.

PTRACE_SETREGSET (depuis Linux 2.6.34)

Modifier les registres de l’observĂ©. La signification de addr et data est analogue Ă  PTRACE_GETREGSET .

PTRACE_GETSIGINFO (depuis Linux 2.3.99-pre6)

RĂ©cupĂ©rer des renseignements sur le signal qui a provoquĂ© l’arrĂȘt. Pour ce faire, copier une structure siginfo_t (consultez sigaction (2)) de l’observĂ© Ă  l’adresse data de l’observateur ( addr est ignorĂ©).

PTRACE_SETSIGINFO (depuis Linux 2.3.99-pre6)

DĂ©finir les renseignements de signaux : copier une structure siginfo_t de l’adresse data de l’observateur vers l’observĂ©. Cela n’affecte que les signaux qui auraient dĂ» ĂȘtre distribuĂ©s Ă  l’observĂ© et ont Ă©tĂ© interceptĂ©s Ă  cause de ptrace (). DiffĂ©rencier ces signaux normaux des signaux créés par ptrace () lui-mĂȘme peut ĂȘtre dĂ©licat ( addr est ignorĂ©).

PTRACE_PEEKSIGINFO (depuis Linux 3.10)

RĂ©cupĂ©rer les structures siginfo_t sans supprimer les signaux d’une file d’attente. addr pointe vers une structure ptrace_peeksiginfo_args qui indique la position ordinale Ă  partir de laquelle la copie des signaux devrait commencer et le nombre de signaux Ă  copier. Les structures siginfo_t sont copiĂ©es dans le tampon pointĂ© par data . La valeur de retour contient le nombre de signaux copiĂ©s (zĂ©ro indique qu’il n’y a pas de signal correspondant Ă  la position ordinale indiquĂ©e). Dans les structures siginfo renvoyĂ©es, le champ si_code contient des renseignements ( __SI_CHLD , __SI_FAULT , etc.) qui sinon ne sont pas exposĂ©s Ă  l’espace utilisateur.

struct ptrace_peeksiginfo_args {
u64 off; /* Position ordinale dans la file d’attente
oĂč commencer la copie de signaux */
u32 flags; /* PTRACE_PEEKSIGINFO_SHARED ou 0 */
s32 nr; /* Nombre de signaux Ă  copier */
};

Actuellement, seul l’attribut PTRACE_PEEKSIGINFO_SHARED permet de vider les signaux de la file de signaux par processus. Si cet attribut n’est pas dĂ©fini, les signaux sont lus depuis la file par thread du thread indiquĂ©.

PTRACE_GETSIGMASK (depuis Linux 3.11)

Placer une copie du masque des signaux bloquĂ©s (consultez sigprocmask (2)) dans le tampon pointĂ© par data qui devrait ĂȘtre un pointeur vers un tampon de type sigset_t . L’argument addr contient la taille du tampon pointĂ© par data (c’est-Ă -dire sizeof(sigset_t) ).

PTRACE_SETSIGMASK (depuis Linux 3.11)

Modifier le masque des signaux bloquĂ©s (consultez sigprocmask (2)) Ă  la valeur indiquĂ©e dans le tampon pointĂ© par data qui devrait ĂȘtre un pointeur vers un tampon de type sigset_t . L’argument addr contient la taille du tampon pointĂ© par data (c’est-Ă -dire sizeof(sigset_t) ).

PTRACE_SETOPTIONS (depuis Linux 2.4.6, consultez les remarques de
BOGUES
)

DĂ©finir les options de ptrace Ă  partir de l’adresse data ( addr est ignorĂ©). data est interprĂ©tĂ© comme un masque d’options, qui est construit Ă  partir des attributs suivants.
PTRACE_O_EXITKILL
(depuis Linux 3.8)

Envoyer un signal SIGKILL Ă  l’observĂ© si l’observateur existe. Cet option est utile pour les gardiens ptrace qui veulent s’assurer que les observĂ©s ne peuvent jamais Ă©chapper au contrĂŽle de l’observateur.

PTRACE_O_TRACECLONE (depuis Linux 2.5.46)

ArrĂȘter l’observĂ© au prochain clone (2) et commencer automatiquement Ă  suivre le nouveau processus clonĂ©, qui dĂ©marrera avec un signal SIGSTOP , ou PTRACE_EVENT_STOP si PTRACE_SEIZE est utilisĂ©. Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_CLONE<<8))

Le PID du nouveau processus peut ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

Cette option peut ne pas intercepter tous les appels clone (2). Si l’observĂ© appelle clone (2) avec l’attribut CLONE_VFORK , PTRACE_EVENT_VFORK sera envoyĂ© si PTRACE_O_TRACEVFORK est utilisĂ©. Sinon, si l’observĂ© appelle clone (2) avec SIGCHLD comme signal de terminaison, PTRACE_EVENT_FORK sera envoyĂ© si PTRACE_O_TRACEFORK est utilisĂ©.

PTRACE_O_TRACEEXEC (depuis Linux 2.5.46)

ArrĂȘter l’observĂ© au prochain execve (2). Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_EXEC<<8))

Si le thread en cours d’exĂ©cution n’est pas un leader de groupe de threads, l’identifiant de thread est rĂ©initialisĂ© Ă  l’identifiant du leader de groupe de threads avant cet arrĂȘt. Depuis Linux 3.0, le premier identifiant de thread peut ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

PTRACE_O_TRACEEXIT (depuis Linux 2.5.60)

ArrĂȘter l’observĂ© Ă  la terminaison. Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_EXIT<<8))

L’état de fin de l’observĂ© peut ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

L’observĂ© est arrĂȘtĂ© tĂŽt dans la terminaison du processus, alors que les registres sont toujours disponibles, ce qui permet au processus utilisant ptrace () de voir oĂč la terminaison s’est produite, alors que la notification de terminaison normale a lieu Ă  la fin de cette terminaison. MĂȘme si le contexte est disponible, l’observateur ne peut pas empĂȘcher la terminaison Ă  ce moment lĂ .

PTRACE_O_TRACEFORK (depuis Linux 2.5.46)

ArrĂȘter l’observĂ© au prochain fork (2) et commencer automatiquement Ă  suivre le nouveau processus créé, qui dĂ©marrera avec un signal SIGSTOP , ou PTRACE_EVENT_STOP si PTRACE_SEIZE est utilisĂ©. Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_FORK<<8))

Le PID du nouveau processus peut ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

PTRACE_O_TRACESYSGOOD (depuis Linux 2.4.6)

Lors des interceptions d’appel systĂšme, positionner le bit 7 sur le numĂ©ro de signal (envoyer SIGTRAP|0x80 ). Cela facilite pour l’observateur la distinction entre les interceptions normales et celles provoquĂ©es par un appel systĂšme.

PTRACE_O_TRACEVFORK (depuis Linux 2.5.46)

ArrĂȘter l’observĂ© au prochain vfork (2) et commencer automatiquement Ă  suivre le nouveau processus créé, qui dĂ©marrera avec un signal SIGSTOP , ou PTRACE_EVENT_STOP si PTRACE_SEIZE est utilisĂ©. Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_VFORK<<8))

Le PID du nouveau processus peut ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

PTRACE_O_TRACEVFORKDONE (depuis Linux 2.5.60)

ArrĂȘter l’observĂ© Ă  la fin du prochain vfork (2). Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_VFORK_DONE<<8))

Le PID du nouveau processus peut (depuis Linux 2.6.18) ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ© avec PTRACE_GETEVENTMSG .

PTRACE_O_TRACESECCOMP (depuis Linux 3.5)

ArrĂȘter l’observĂ© quand une rĂšgle SECCOMP_RET_TRACE de seccomp (2) est dĂ©clenchĂ©e. Un waitpid (2) par l’observateur renverra une valeur status comme

status>>8 == (SIGTRAP | (PTRACE_EVENT_SECCOMP<<8))

Si cela entraĂźne un arrĂȘt PTRACE_EVENT , c’est Ă©quivalent Ă  un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme. Pour des dĂ©tails, voir la remarque sur PTRACE_EVENT_SECCOMP ci-dessous. Les donnĂ©es du message de l’évĂ©nement seccomp (issues de la partie SECCOMP_RET_DATA de la rĂšgle du filtre seccomp) peuvent ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es avec PTRACE_GETEVENTMSG .

PTRACE_O_SUSPEND_SECCOMP (depuis Linux 4.3)

Suspendre les protections seccomp de l’observĂ©. Cela s’applique quel que soit le mode et peut ĂȘtre utilisĂ© lorsque l’observĂ© n’a pas encore installĂ© de filtres seccomp. Cela veut dire qu’un cas d’utilisation valable consiste Ă  suspendre les protections seccomp d’un observĂ© avant qu’elles ne soient installĂ©es par l’observĂ©, laisser l’observĂ© installer les filtres et vider cet attribut quand les filtres doivent ĂȘtre rĂ©activĂ©s. La dĂ©finition de cette option implique que l’observateur ait la capacitĂ© CAP_SYS_ADMIN , n’ait pas de protection seccomp installĂ©e et n’ait pas de PTRACE_O_SUSPEND_SECCOMP positionnĂ© sur lui-mĂȘme.

PTRACE_GETEVENTMSG (depuis Linux 2.5.46)

RĂ©cupĂ©rer un message (dans un unsigned long ) concernant l’évĂ©nement ptrace qui vient d’arriver, en le plaçant Ă  l’adresse data de l’observateur. Pour PTRACE_EVENT_EXIT , il s’agit du code de retour de l’observĂ©. Pour PTRACE_EVENT_FORK , PTRACE_EVENT_VFORK , PTRACE_EVENT_VFORK_DONE et PTRACE_EVENT_CLONE , il s’agit du PID du nouveau processus. Pour PTRACE_EVENT_SECCOMP , il s’agit des SECCOMP_RET_DATA du filtre seccomp (2) associĂ©es Ă  la rĂšgle dĂ©clenchĂ©e ( addr est ignorĂ©e).

PTRACE_CONT

RedĂ©marrer l’observĂ© arrĂȘtĂ©. Si data est non nul, il est interprĂ©tĂ© comme un numĂ©ro de signal Ă  distribuer Ă  l’observé ; sinon aucun signal n’est distribuĂ©. L’observateur peut ainsi contrĂŽler si un signal envoyĂ© Ă  l’observĂ© doit lui ĂȘtre distribuĂ© ou non ( addr est ignorĂ©).

PTRACE_SYSCALL
PTRACE_SINGLESTEP

RedĂ©marrer l’observĂ© arrĂȘtĂ© comme pour PTRACE_CONT , mais en s’arrangeant pour qu’il soit arrĂȘtĂ© Ă  la prochaine entrĂ©e ou sortie d’un appel systĂšme, ou aprĂšs la prochaine instruction, respectivement (l’observĂ© sera aussi arrĂȘtĂ© par l’arrivĂ©e d’un signal). Du point de vue de l’observateur, l’observĂ© semblera ĂȘtre arrĂȘtĂ© par SIGTRAP . Ainsi, pour PTRACE_SYSCALL l’idĂ©e est d’inspecter les arguments de l’appel systĂšme au premier arrĂȘt puis de faire un autre PTRACE_SYSCALL et d’inspecter la valeur de retour au second arrĂȘt. Le paramĂštre data est interprĂ©tĂ© comme pour PTRACE_CONT ( addr est ignorĂ©).

PTRACE_SET_SYSCALL (depuis Linux 2.6.16)

Lorsqu’il est en arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme, passer le numĂ©ro de l’appel systĂšme qui va ĂȘtre exĂ©cutĂ© Ă  celui indiquĂ© dans le paramĂštre data . Le paramĂštre addr est ignorĂ©. Cette opĂ©ration n’est actuellement prise en charge que sur arm (et arm64, quoique uniquement Ă  des fins de rĂ©trocompatibilitĂ©), mais la plupart des autres architectures ont d’autres moyens de faire cela (en gĂ©nĂ©ral en modifiant le registre qui a passĂ© l’appel systĂšme au code au niveau de l’utilisateur).

PTRACE_SYSEMU
PTRACE_SYSEMU_SINGLESTEP
(depuis Linux 2.6.14)

Pour PTRACE_SYSEMU , continuer puis s’arrĂȘter lors du prochain appel systĂšme, qui ne sera pas exĂ©cutĂ©. Voir la documentation des syscall-stops ci-dessous. Pour PTRACE_SYSEMU_SINGLESTEP , faire la mĂȘme chose, mais exĂ©cuter pas Ă  pas s’il ne s’agit pas d’un appel systĂšme. Cette fonction est utilisĂ©e par des programmes comme User Mode Linux, qui veulent Ă©muler tous les appels systĂšme de l’observĂ©. Le paramĂštre data est interprĂ©tĂ© comme pour PTRACE_CONT . L’argument addr est ignorĂ©. Ces opĂ©rations ne sont pour l’instant disponibles que sur x86.

PTRACE_LISTEN (depuis Linux 3.4)

RedĂ©marrer l’observĂ© arrĂȘtĂ©, mais en l’empĂȘchant de s’exĂ©cuter. L’état rĂ©sultant de l’observĂ© est similaire a celui d’un processus qui a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par un SIGSTOP (ou autre signal d’arrĂȘt). Consultez la sous-section ArrĂȘt-groupe pour des renseignements supplĂ©mentaires. PTRACE_LISTEN ne fonctionne que sur les observĂ©s attachĂ©s par PTRACE_SEIZE .

PTRACE_KILL

Envoyer Ă  l’observĂ© un signal SIGKILL pour le terminer ( addr et data sont ignorĂ©s).

Cette opĂ©ration est obsolĂšte, ne l’utilisez pas. À la place, envoyez un SIGKILL directement en utilisant kill (2) ou tgkill (2). Le problĂšme avec PTRACE_KILL est qu’il nĂ©cessite que l’observĂ© soit en arrĂȘt-distribution-signal, sinon cela risque de ne pas fonctionner (c’est-Ă -dire risque de se terminer avec succĂšs sans tuer l’observĂ©). En revanche, envoyer SIGKILL directement n’est pas concernĂ© par cette limite.

PTRACE_INTERRUPT (depuis Linux 3.4)

ArrĂȘter un observĂ©. Si l’observĂ© est en cours d’exĂ©cution ou en sommeil dans l’espace utilisateur et que PTRACE_SYSCALL est effectif, l’appel systĂšme est interrompu et l’arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme est signalĂ© (l’appel systĂšme interrompu est redĂ©marrĂ© quand l’observĂ© est redĂ©marrĂ©). Si l’observĂ© avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par un signal et que PTRACE_LISTEN lui avait Ă©tĂ© envoyĂ©, l’observĂ© s’arrĂȘte avec PTRACE_EVENT_STOP et WSTOPSIG(status) renvoie le signal d’arrĂȘt. Si n’importe quel autre arrĂȘt-ptrace est créé en mĂȘme temps (par exemple, si un signal est envoyĂ© Ă  l’observĂ©), cet arrĂȘt-ptrace arrive. Si rien de ce qui prĂ©cĂšde ne s’applique (par exemple si l’observĂ© est en cours d’exĂ©cution en espace utilisateur), il s’arrĂȘte avec PTRACE_EVENT_STOP avec WSTOPSIG(status) == SIGTRAP . PTRACE_INTERRUPT ne fonctionne que sur les observĂ©s attachĂ©s par PTRACE_SEIZE .

PTRACE_ATTACH

Attacher le processus numĂ©ro pid , pour le suivre. L’observĂ© va recevoir un SIGSTOP , mais il ne sera peut-ĂȘtre pas arrĂȘtĂ© tout de suite, utilisez waitid (2) pour attendre son arrĂȘt. Consultez la sous-section Attachement et dĂ©tachement pour obtenir de plus amples renseignements ( addr et data sont ignorĂ©s).

Le droit d’effectuer un PTRACE_ATTACH est gĂ©rĂ© par la vĂ©rification PTRACE_MODE_ATTACH_REALCREDS du mode d’accĂšs de ptrace ; voir ci-dessous.

PTRACE_SEIZE (depuis Linux 3.4)

Attacher au processus indiquĂ© dans pid , en faire un observĂ© du processus appelant. Contrairement Ă  PTRACE_ATTACH , PTRACE_SEIZE n’arrĂȘte pas le processus. Les arrĂȘts-groupe sont signalĂ©s en tant que PTRACE_EVENT_STOP et WSTOPSIG(status) renvoie le signal d’arrĂȘt. Les enfants automatiquement attachĂ©s avec PTRACE_EVENT_STOP et WSTOPSIG(status) renvoient SIGTRAP au lieu de recevoir un signal SIGSTOP . execve (2) n’envoie pas d’autres SIGTRAP . Seul un processus PTRACE_SEIZE Ă© peut accepter des commandes PTRACE_INTERRUPT et PTRACE_LISTEN . Le comportement « seized » qui vient d’ĂȘtre dĂ©crit est rĂ©cupĂ©rĂ© par les enfants automatiquement attachĂ©s en utilisant PTRACE_O_TRACEFORK , PTRACE_O_TRACEVFORK et PTRACE_O_TRACECLONE . addr doit ĂȘtre de zĂ©ro. data contient un masque de bit des options ptrace Ă  activer immĂ©diatement.

Le droit d’effectuer un PTRACE_SEIZE est gĂ©rĂ© par une vĂ©rification PTRACE_MODE_ATTACH_REALCREDS du mode d’accĂšs ptrace ; voir ci-dessous.

PTRACE_SECCOMP_GET_FILTER (depuis Linux 4.4)

Cette opĂ©ration autorise l’observateur Ă  vider les filtres BPF classiques de l’observĂ©.

addr est un entier indiquant l’index du filtre Ă  vider. Le filtre le plus rĂ©cemment installĂ© a le numĂ©ro d’index 0 . Si addr est supĂ©rieur aux numĂ©ros des filtres installĂ©s, l’opĂ©ration Ă©choue avec l’erreur ENOENT .

data est soit un pointeur vers un tableau struct sock_filter assez grand pour stocker le programme BPF, soit NULL si le programme ne va pas ĂȘtre stockĂ©.

En cas de succĂšs, le code de retour est le nombre d’instructions du programme BPF. Si data Ă©tait NULL, ce code de retour peut ĂȘtre utilisĂ© pour dimensionner correctement le tableau struct sock_filter passĂ© dans un appel ultĂ©rieur.

Cette opĂ©ration Ă©choue avec l’erreur EACCES si l’appelant n’a pas la capacitĂ© CAP_SYS_ADMIN ou s’il est en mode seccomp filtrĂ© ou restreint. Si le filtre auquel renvoie addr n’est pas un filtre BPF classique, l’opĂ©ration Ă©choue avec l’erreur EMEDIUMTYPE .

Cette opĂ©ration n’est disponible que si le noyau a Ă©tĂ© configurĂ© avec les options CONFIG_SECCOMP_FILTER et CONFIG_CHECKPOINT_RESTORE .

PTRACE_DETACH

Relancer l’observĂ© arrĂȘtĂ© comme avec PTRACE_CONT , mais en commençant par s’en dĂ©tacher. Sous Linux un observĂ© peut ĂȘtre dĂ©tachĂ© ainsi quelque soit la mĂ©thode employĂ©e pour dĂ©marrer le suivi ( addr est ignorĂ©).

PTRACE_GET_THREAD_AREA (depuis Linux 2.6.0)

Cette opĂ©ration effectue une tĂąche identique Ă  get_thread_area (2). Elle lit l’entrĂ©e TLS dans le GDT dont l’index est donnĂ© dans addr , mettant une copie de l’entrĂ©e dans la struct user_desc vers laquelle pointe data (contrairement Ă  get_thread_area (2), entry_number de la struct user_desc est ignorĂ©e).

PTRACE_SET_THREAD_AREA (depuis Linux 2.6.0)

Cette opĂ©ration effectue la mĂȘme tĂąche que set_thread_area (2). Elle positionne l’entrĂ©e TLS dans le GDT dont l’index est donnĂ© dans addr , en lui affectant les donnĂ©es fournies dans la struct user_desc vers laquelle pointe data (contrairement Ă  set_thread_area (2), entry_number de la struct user_desc est ignorĂ©e ; autrement dit, cette opĂ©ration de ptrace ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e pour affecter une entrĂ©e TLS libre).

PTRACE_GET_SYSCALL_INFO (depuis Linux 5.3)

RĂ©cupĂ©rer des informations sur l’appel systĂšme qui a provoquĂ© l’arrĂȘt. Les informations sont placĂ©es dans le tampon vers lequel pointe le paramĂštre data , lequel doit ĂȘtre un pointeur vers un tampon de type struct ptrace_syscall_info . Le paramĂštre addr contient la taille du tampon vers lequel pointe le paramĂštre data (Ă  savoir sizeof(struct ptrace_syscall_info) ). Le code de retour contient le nombre d’octets que le noyau peut Ă©crire. Si la taille des donnĂ©es que le noyau doit Ă©crire dĂ©passe celle indiquĂ©e par le paramĂštre addr , les donnĂ©es de sortie sont tronquĂ©es.

La structure ptrace_syscall_info contient les champs suivants :

struct ptrace_syscall_info {
__u8 op; /* Type d’appel systĂšme d’arrĂȘt */
__u32 arch; /* Valeur AUDIT_ARCH_* ; voir seccomp(2) */
__u64 instruction_pointer; /* Pointeur vers l’instruction du processeur */
__u64 stack_pointer; /* Pointeur vers la pile du processeur */
union {
struct { /* op == PTRACE_SYSCALL_INFO_ENTRY */
__u64 nr; /* NumĂ©ro de l’appel systĂšme */
__u64 args[6]; /* Paramùtres de l’appel systùme */
} entry;
struct { /* op == PTRACE_SYSCALL_INFO_EXIT */
__s64 rval; /* Code de retour de l’appel systùme */
__u8 is_error; /* Attribut d’erreur de l’appel systùme ;
Booléen : rval contient-il
un code d’erreur (-ERRCODE) ou
un code de retour de non erreur ? */
} exit;
struct { /* op == PTRACE_SYSCALL_INFO_SECCOMP */
__u64 nr; /* NumĂ©ro de l’appel systĂšme */
__u64 args[6]; /* Paramùtres de l’appel systùme */
__u32 ret_data; /* Partie SECCOMP_RET_DATA de la valeur
de retour de SECCOMP_RET_TRACE */
} seccomp;
};
};

Les champs op , arch , instruction_pointer et stack_pointer sont dĂ©finis pour tous les types d’arrĂȘts de l’appel systĂšme ptrace. Le reste de la structure est une union ; on ne doit lire que les champs significatifs pour le type d’arrĂȘt de l’appel systĂšme indiquĂ© par le champ op .

Le champ op prend une des valeurs suivantes (dĂ©finies dans <linux/ptrace.h> ), indiquant le type d’arrĂȘt qui s’est produit et la partie remplie de l’union :
PTRACE_SYSCALL_INFO_ENTRY

Le composant entry de l’union contient des informations liĂ©es Ă  un arrĂȘt d’entrĂ©e appel systĂšme.

PTRACE_SYSCALL_INFO_EXIT

Le composant exit de l’union contient des informations sur un arrĂȘt de sortie d’appel systĂšme.

PTRACE_SYSCALL_INFO_SECCOMP

Le composant seccomp de l’union contient des informations concernant un arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP .

PTRACE_SYSCALL_INFO_NONE

Aucun composant de l’union ne contient d’informations pertinentes.

Dans le cas oĂč une entrĂ©e ou une sortie d’appel systĂšme s’interrompt, les donnĂ©es renvoyĂ©es par PTRACE_GET_SYSCALL_INFO sont limitĂ©es au type PTRACE_SYSCALL_INFO_NONE Ă  moins que l’option PTRACE_O_TRACESYSGOOD ne soit dĂ©finie avant que l’arrĂȘt de l’appel systĂšme correspondant se produise.

Mort sous ptrace

Quand un processus (Ă©ventuellement multithreadĂ©) reçoit un signal pour le tuer (un dont la disposition est configurĂ©e Ă  SIG_DFL et dont l’action par dĂ©faut est de tuer le processus), tous les threads se terminent. Chaque observĂ© signale sa mort Ă  son ou ses observateurs. La notification de cet Ă©vĂ©nement est distribuĂ©e par waitpid (2).

Remarquez que le signal tueur provoquera d’abord un arrĂȘt-distribution-signal (sur un seul observĂ©) et, seulement aprĂšs ĂȘtre injectĂ© par l’observateur (ou aprĂšs ĂȘtre envoyĂ© Ă  un thread qui n’est pas suivi), la mort du signal arrivera sur tous les observĂ©s d’un processus multithreadĂ© (le terme « arrĂȘt-distribution-signal » est expliquĂ© plus bas).

SIGKILL ne gĂ©nĂšre pas d’arrĂȘt-distribution-signal et l’observateur ne peut par consĂ©quent pas le supprimer. SIGKILL tue mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur des appels systĂšmes (arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme n’est pas créé avant la mort par SIGKILL ). L’effet direct est que SIGKILL tue toujours le processus (tout ses threads), mĂȘme si certains threads du processus sont suivis avec ptrace.

Quand l’observĂ© appelle _exit (2), il signale sa mort Ă  son observateur. Les autres threads ne sont pas concernĂ©s.

Quand n’importe quel thread exĂ©cute exit_group (2), tous les observĂ©s de son groupe de threads signalent leur mort Ă  leur observateur.

Si l’option PTRACE_O_TRACEEXIT est active, PTRACE_EVENT_EXIT arrivera avant la mort rĂ©elle. Cela s’applique aux terminaisons avec exit (2), exit_group (2) et aux morts de signal (sauf SIGKILL , selon la version du noyau ; voir les BOGUES ci-dessous), et lorsque les threads sont dĂ©truits par execve (2) dans un processus multithreadĂ©.

L’observateur ne peut pas assumer que l’observĂ© arrĂȘtĂ©-ptrace existe. L’observĂ© risque de mourir avant d’ĂȘtre arrĂȘtĂ© dans plusieurs cas (comme avec SIGKILL ). Par consĂ©quent, le tracĂ© doit ĂȘtre prĂ©parĂ© pour traiter une erreur ESRCH sur n’importe quelle opĂ©ration ptrace. Malheureusement, la mĂȘme erreur est renvoyĂ©e si l’observĂ© existe mais n’est pas arrĂȘtĂ©-ptrace (pour les commandes qui nĂ©cessitent un observĂ© arrĂȘtĂ©), ou s’il n’est pas suivi par le processus qui a envoyĂ© l’appel ptrace. L’observateur doit garder une trace de l’état arrĂȘtĂ© ou en fonctionnement de l’observĂ©, et interprĂ©ter ESRCH comme « l’observĂ© s’est achevĂ© de maniĂšre inattendue » seulement s’il sait que l’observĂ© est effectivement entrĂ© en arrĂȘt-ptrace. Remarquez qu’il n’est pas garanti que waitpid(WNOHANG) signale de façon fiable l’état de mort de l’observĂ© si une opĂ©ration ptrace renvoie ESRCH . waitpid(WNOHANG) pourrait plutĂŽt renvoyer 0 . Autrement dit, l’observĂ© pourrait « ne pas ĂȘtre encore mort », mais dĂ©jĂ  refuser des opĂ©rations ptrace.

L’observateur ne peut pas assumer que l’observĂ© finit toujours sa vie en signalant WIFEXITED(status) ou WIFSIGNALED(status) ; dans certains cas ça n’arrive pas. Par exemple si un thread diffĂ©rent du leader de groupe de threads fait un execve (2), il disparaĂźt ; son PID ne sera plus jamais vu, tous les arrĂȘts suivants de ptrace seront signalĂ©s sous le PID du leader de groupe de threads.

États arrĂȘtĂ©s

Deux Ă©tats existent pour un observé : en cours d’exĂ©cution ou Ă  l’arrĂȘt. Du point de vue de ptrace, un observĂ© qui est bloquĂ© dans un appel systĂšme (comme read (2), pause (2), etc.) est nĂ©anmoins considĂ©rĂ© en cours d’exĂ©cution, mĂȘme si l’observĂ© est bloquĂ© depuis longtemps. L’état de l’observĂ© aprĂšs PTRACE_LISTEN est en quelque sorte une zone d’ombre : il n’est dans aucun arrĂȘt-ptrace (les commandes ptrace n’auront aucun effet sur lui et il distribuera des notifications waitpid (2)), mais il pourrait aussi ĂȘtre considĂ©rĂ© « arrĂȘté » parce qu’il n’est pas en train d’exĂ©cuter des instructions (pas de programmation) et, s’il Ă©tait en arrĂȘt-groupe avant PTRACE_LISTEN , il ne rĂ©pondra pas aux signaux avant de recevoir SIGCONT .

De nombreuses sortes d’états sont possibles quand l’observĂ© est arrĂȘtĂ©, et les discussions dans ptrace sont souvent confondues. Par consĂ©quent, l’utilisation de termes prĂ©cis est importante.

Dans cette page de manuel, tous les Ă©tats d’arrĂȘt dans lesquels l’observĂ© est prĂȘt Ă  accepter des commandes ptrace de l’observateur sont appelĂ©s arrĂȘt-ptrace . Les arrĂȘts-ptrace peuvent ensuite ĂȘtre sous-divisĂ©s en arrĂȘt-distribution-signal , arrĂȘt-groupe , arrĂȘt-appel-systĂšme , arrĂȘt-PTRACE_EVENT , etc. Ces Ă©tats d’arrĂȘt sont dĂ©crits en dĂ©tail ci-dessous.

Lorsque l’observĂ© en cours d’exĂ©cution entre en arrĂȘt-ptrace, il avise son observateur en utilisant waitpid (2) (ou un des autres appels systĂšme « wait »). La plupart de cette page de manuel suppose que l’observateur attend avec :

pid = waitpid(pid_ou_moins_1, &status, __WALL);

Les observĂ©s arrĂȘtĂ©s-ptrace sont signalĂ©s comme renvoyĂ©s avec un pid strictement positif et WIFSTOPPED(status) vrai.

L’attribut __WALL ne contient pas les attributs WSTOPPED et WEXITED , mais implique leur fonctionnalitĂ©.

La configuration de l’attribut WCONTINUED en appelant waitpid (2) n’est pas conseillĂ©e : l’état « exĂ©cuté » est relatif au processus et l’utiliser peut embrouiller le vrai parent de l’observĂ©.

Utiliser l’attribut WNOHANG pourrait forcer waitpid (2) Ă  renvoyer 0 (« aucun rĂ©sultat d’attente encore disponible ») mĂȘme si l’observateur sait qu’il devrait y avoir une notification. Exemple :

errno = 0;
ptrace(PTRACE_CONT, pid, 0L, 0L);
if (errno == ESRCH) {
/* l’observĂ© est mort */
r = waitpid(tracee, &status, __WALL | WNOHANG);
/* r peut encore valoir 0 ici ! */
}

Les sortes d’arrĂȘts-ptrace suivants existent : arrĂȘts-distribution-signal, arrĂȘts-groupe, arrĂȘts PTRACE_EVENT et arrĂȘts-appel-systĂšme. Ils sont signalĂ©s par waitpid (2) avec WIFSTOPPED(status) vrai. Ils peuvent ĂȘtre distinguĂ©s en examinant la valeur status>>8 , et en cas d’ambiguĂŻtĂ© dans cette valeur, en faisant une requĂȘte PTRACE_GETSIGINFO (remarque : la macro WSTOPSIG(status) ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e pour rĂ©aliser cet examen, car elle renvoie la valeur (status>>8) & 0xff .)

ArrĂȘt-distribution-signal

Quand un processus (Ă©ventuellement multithreadĂ©) reçoit n’importe quel signal sauf SIGKILL , le noyau choisi un thread arbitraire pour traiter le signal (si le signal est créé avec tgill (2), le thread cible peut ĂȘtre explicitement choisi par l’appelant). Si le thread choisi est observĂ©, il entre en arrĂȘt-distribution-signal. À ce moment lĂ , le signal n’est pas encore distribuĂ© au processus, et peut ĂȘtre supprimĂ© par l’observateur. Si l’observateur ne supprime pas le signal, il passe le signal Ă  l’observĂ© lors de l’opĂ©ration suivante de redĂ©marrage de ptrace. Cette deuxiĂšme Ă©tape de distribution de signal est appelĂ©e injection de signal dans cette page de manuel. Remarquez que si le signal est bloquĂ©, l’arrĂȘt-distribution-signal n’arrive pas avant que le signal soit dĂ©bloquĂ©, Ă  l’exception habituelle que SIGSTOP ne peut pas ĂȘtre bloquĂ©.

L’arrĂȘt-distribution-signal est respectĂ© par l’observateur tant que waitpid (2) retourne avec WIFSTOPPED(status) vrai, avec le signal renvoyĂ© par WSTOPSIG(status) . Si le signal est SIGTRAP , cela pourrait ĂȘtre un arrĂȘt-ptrace de nature diffĂ©rente ; consultez les sections ArrĂȘts-appel-systĂšme et execve(2) sous ptrace plus bas pour obtenir de plus amples prĂ©cisions. Si WSTOPSIG(status) renvoie un signal d’arrĂȘt, cela pourrait ĂȘtre un arrĂȘt-groupe ; voir ci-dessous.

Injection et suppression de signal

AprĂšs un arrĂȘt-distribution-signal respectĂ© par l’observateur, l’observateur devrait redĂ©marrer l’observĂ© avec l’appel

ptrace(PTRACE_restart, pid, 0, sig)

oĂč PTRACE_restart est une des opĂ©rations ptrace de redĂ©marrage. Si sig est 0 , alors aucun signal n’est distribuĂ©. Sinon, le signal sig est distribuĂ©. Cette opĂ©ration est appelĂ©e injection de signal dans cette page de manuel, pour la distinguer de l’arrĂȘt-distribution-signal.

La valeur de sig peut ĂȘtre diffĂ©rente de celle de WSTOPSIG(status) : l’observateur peut provoquer l’injection d’un autre signal.

Remarquez qu’un signal supprimĂ© provoque toujours un retour prĂ©maturĂ© des appels systĂšme. Dans ce cas, les appels systĂšme seront redĂ©marrĂ©s : l’observateur forcera l’observĂ© Ă  rĂ©exĂ©cuter l’appel systĂšme interrompu (ou l’appel systĂšme restart_syscall (2) pour les quelques appels systĂšme qui utilisent un autre mĂ©canisme de redĂ©marrage) si l’observateur utilise PTRACE_SYSCALL . MĂȘme les appels systĂšme (comme poll (2)) qui ne sont pas redĂ©marrables aprĂšs le signal sont redĂ©marrĂ©s aprĂšs la suppression du signal ; cependant, des bogues du noyau existent et certains appels systĂšme Ă©chouent avec EINTR mĂȘme si aucun signal observable n’est injectĂ© dans l’observĂ©.

Lors du redĂ©marrage des commandes ptrace Ă©mises dans d’autres arrĂȘts-ptrace qu’arrĂȘt-distribution-signal, l’injection de signal n’est pas garantie, mĂȘme si sig est non nul. Aucune erreur n’est signalĂ©e ; un sig non nul risque simplement d’ĂȘtre ignorĂ©. Les utilisateurs de ptrace ne devraient pas essayer de « crĂ©er un nouveau signal » de cette façon : utilisez plutĂŽt tgkill (2).

Le fait que des opĂ©rations d’injection de signal puissent ĂȘtre ignorĂ©es lors du redĂ©marrage de l’observĂ© aprĂšs des arrĂȘts ptrace qui ne sont pas des arrĂȘts-distribution-signal est une source de confusion pour les utilisateurs de ptrace. Un scĂ©nario typique est que l’observateur remarque un arrĂȘt-groupe, le confonde avec un arrĂȘt-distribution-signal, et redĂ©marre l’observĂ© avec

ptrace(PTRACE_restart, pid, 0, stopsig)

dans le but d’injecter stopsig , mais stopsig sera ignorĂ© et l’observĂ© continuera de fonctionner.

Le signal SIGCONT a pour effet de bord de rĂ©veiller (tous les threads d’)un processus arrĂȘtĂ©-groupe. Cet effet de bord arrive avant un arrĂȘt-distribution-signal. L’observateur ne peut pas supprimer cet effet de bord (il ne peut que supprimer l’injection de signal, qui force seulement le gestionnaire de SIGCONT Ă  ne pas ĂȘtre exĂ©cutĂ© dans l’observĂ©, si un gestionnaire de ce type est installĂ©). En fait, le rĂ©veil depuis un arrĂȘt-groupe pourrait ĂȘtre suivi par un arrĂȘt-distribution-signal pour le ou les signaux diffĂ©rents de SIGCONT , s’ils Ă©taient en attente quand SIGCONT a Ă©tĂ© distribuĂ©. Autrement dit, SIGCONT pourrait ne pas ĂȘtre le premier signal remarquĂ© par l’observĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© envoyĂ©.

L’arrĂȘt de signaux force (tous les threads d’)un processus Ă  entrer en arrĂȘt-groupe. Cet effet de bord arrive aprĂšs une injection de signal, et peut par consĂ©quent ĂȘtre supprimĂ© par l’observateur.

Sous Linux 2.4 et les versions prĂ©cĂ©dentes, le signal SIGSTOP ne pouvait pas ĂȘtre injectĂ©.

PTRACE_GETSIGINFO peut ĂȘtre utilisĂ© pour rĂ©cupĂ©rer une structure siginfo_t qui correspond au signal distribuĂ©. PTRACE_SETSIGINFO pourrait ĂȘtre utilisĂ© pour le modifier. Si PTRACE_SETSIGINFO a Ă©tĂ© utilisĂ© pour modifier siginfo_t , le champ si_signo et le paramĂštre sig de la commande de redĂ©marrage doivent correspondre, sinon le rĂ©sultat est indĂ©fini.

ArrĂȘt-groupe

Quand un processus (Ă©ventuellement multithreadĂ©) reçoit un signal d’arrĂȘt, tous les threads s’arrĂȘtent. Si certains threads sont suivis, ils entrent en arrĂȘt-groupe. Remarquez que le signal d’arrĂȘt provoquera d’abord un arrĂȘt-distribution-signal (sur un seul observĂ©) et, seulement aprĂšs avoir Ă©tĂ© injectĂ© par l’observateur (ou aprĂšs avoir Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  un thread qui n’est pas suivi), l’arrĂȘt-groupe sera initiĂ© sur tous les observĂ©s d’un processus multithreadĂ©. Comme d’habitude, tous les observĂ©s signalent leur arrĂȘt-groupe sĂ©parĂ©ment Ă  l’observateur correspondant.

L’arrĂȘt-groupe est respectĂ© par l’observateur tant que waitpid (2) retourne avec WIFSTOPPED(status) vrai, avec le signal d’arrĂȘt disponible par l’intermĂ©diaire de WSTOPSIG(status) . Le mĂȘme rĂ©sultat est renvoyĂ© par d’autres classes d’arrĂȘts-ptrace, par consĂ©quent la mĂ©thode conseillĂ©e est de rĂ©aliser l’appel

ptrace(PTRACE_GETSIGINFO, pid, 0, &siginfo)

L’appel peut ĂȘtre Ă©vitĂ© si le signal n’est pas SIGSTOP , SIGTSTP , SIGTTIN ou SIGTTOU ; seuls ces quatre signaux sont des signaux d’arrĂȘt. Si l’observateur voit autre chose, ce ne peut pas ĂȘtre un arrĂȘt-groupe. Sinon, l’observateur doit appeler PTRACE_GETSIGINFO . Si PTRACE_GETSIGINFO Ă©choue avec EINVAL , alors c’est dĂ©finitivement un arrĂȘt-groupe (d’autres codes d’échec sont possibles, comme ESRCH (« pas de processus de ce type ») si un SIGKILL a tuĂ© l’observĂ©).

Si l’observĂ© Ă©tait attachĂ© en utilisant PTRACE_SEIZE , un arrĂȘt-groupe est indiquĂ© par PTRACE_EVENT_STOP : status>>16 == PTRACE_EVENT_STOP . Cela permet la dĂ©tection d’arrĂȘts-groupe sans nĂ©cessiter d’appel PTRACE_GETSIGINFO supplĂ©mentaire.

Depuis Linux 2.6.38, aprĂšs que l’observateur a vu l’arrĂȘt-ptrace de l’observĂ© et jusqu’à ce qu’il le redĂ©marre ou le tue, l’observĂ© ne fonctionnera pas, et n’enverra pas de notification (sauf mort par SIGKILL ) Ă  l’observateur, mĂȘme si l’observateur entre dans un autre appel waitpid (2).

Le comportement du noyau dĂ©crit dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent pose un problĂšme avec la gestion transparente de signaux d’arrĂȘt. Si l’observateur redĂ©marre l’observĂ© aprĂšs un arrĂȘt-groupe, le signal d’arrĂȘt est effectivement ignorĂ© — l’observĂ© ne reste pas arrĂȘtĂ©, il fonctionne. Si l’observateur ne redĂ©marre pas l’observĂ© avant d’entrer dans le prochain waitpid (2), les signaux SIGCONT suivants ne seront pas signalĂ©s Ă  l’observateur ; cela pourrait forcer des signaux SIGCONT Ă  ĂȘtre sans effet sur l’observĂ©.

Depuis Linux 3.4, une mĂ©thode permet d’éviter ce problĂšme : Ă  la place de PTRACE_CONT , une commande PTRACE_LISTEN peut ĂȘtre utilisĂ©e pour redĂ©marrer un observĂ© de façon Ă  ce qu’il ne s’exĂ©cute pas, mais attende un nouvel Ă©vĂ©nement qu’il peut signaler Ă  l’aide de waitpid (2) (comme s’il Ă©tait redĂ©marrĂ© par un SIGCONT ).

ArrĂȘts PTRACE_EVENT

Si l’observateur configure des options PTRACE_O_TRACE_* , l’observĂ© entrera en arrĂȘts-ptrace appelĂ©s arrĂȘts PTRACE_EVENT .

Les arrĂȘts PTRACE_EVENT sont respectĂ©s par l’observateur pendant que waitpid (2) renvoie WIFSTOPPED(status) et que WSTOPSIG(status) renvoie SIGTRAP (ou pour PTRACE_EVENT_STOP , renvoie le signal d’arrĂȘt si l’observĂ© est dans un arrĂȘt de groupe). Un bit supplĂ©mentaire est configurĂ© dans l’octet le plus haut du mot d’état : la valeur status>>8 sera

((PTRACE_EVENT_foo<<8) | SIGTRAP).

Les événements suivants existent.
PTRACE_EVENT_VFORK

ArrĂȘt avant de revenir de vfork (2) ou clone (2) avec l’attribut CLONE_VFORK . Quand l’observĂ© est continuĂ© aprĂšs cet arrĂȘt, il attendra une sortie ou exĂ©cution de l’enfant avant de continuer son exĂ©cution (autrement dit, le comportement normal avec vfork (2)).

PTRACE_EVENT_FORK

ArrĂȘt avant de revenir de fork (2) ou clone (2) avec le signal de sortie configurĂ© Ă  SIGCHLD .

PTRACE_EVENT_CLONE

ArrĂȘt avant de revenir de clone (2).

PTRACE_EVENT_VFORK_DONE

ArrĂȘt avant de revenir de vfork (2) ou clone (2) avec l’attribut CLONE_VFORK , mais aprĂšs que l’enfant a dĂ©bloquĂ© son observĂ© par sortie ou exĂ©cution.

Pour les quatre arrĂȘts dĂ©crits ci-dessus, l’arrĂȘt arrive dans le parent (c’est-Ă -dire l’observĂ©), pas dans le nouveau thread créé. PTRACE_GETEVENTMSG permet de rĂ©cupĂ©rer l’identifiant du nouveau thread.
PTRACE_EVENT_EXEC

ArrĂȘt avant le retour d’ execve (2). Depuis Linux 3.0, PTRACE_GETEVENTMSG renvoie le premier identifiant de thread.

PTRACE_EVENT_EXIT

ArrĂȘt avant la sortie (y compris la mort depuis exit_group (2)), la mort du signal ou la sortie provoquĂ©e par execve (2) dans un processus multithreadĂ©. PTRACE_GETEVENTMSG renvoie l’état de sortie. Les registres peuvent ĂȘtre examinĂ©s (contrairement Ă  quand une « vraie » sortie arrive). L’observĂ© est toujours actif ; il a besoin de PTRACE_CONT ou PTRACE_DETACH pour terminer sa sortie.

PTRACE_EVENT_STOP

ArrĂȘt causĂ© par la commande PTRACE_INTERRUPT , ou arrĂȘt-groupe, ou arrĂȘt-ptrace initial quand un nouvel enfant est attachĂ© (seulement s’il est attachĂ© en utilisant PTRACE_SEIZE ).

PTRACE_EVENT_SECCOMP

ArrĂȘt diffĂ©rĂ© par une rĂšgle seccomp (2) sur l’entrĂ©e appel systĂšme de l’observĂ© quand PTRACE_O_TRACESECCOMP a Ă©tĂ© positionnĂ© par l’observateur. Les donnĂ©es du message de l’évĂ©nement seccomp (issues de la portion SECCOMP_RET_DATA de la rĂšgle de filtrage seccomp) peuvent ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es avec PTRACE_GETEVENTMSG . La sĂ©mantique de cet arrĂȘt est dĂ©crit en dĂ©tails dans une section distincte ci-dessous.

PTRACE_GETSIGINFO sur les arrĂȘts PTRACE_EVENT renvoie SIGTRAP dans si_signo , avec si_code configurĂ© Ă  (event<<8) | SIGTRAP .

ArrĂȘts-appel-systĂšme

Si l’observĂ© Ă©tait redĂ©marrĂ© par PTRACE_SYSCALL ou PTRACE_SYSEMU , l’observĂ© entre en arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme juste avant d’entrer dans n’importe quel appel systĂšme (qui ne sera pas exĂ©cutĂ© si le redĂ©marrage utilisait PTRACE_SYSEMU , quels que soient les changements apportĂ©s aux registres Ă  ce point ou Ă  la maniĂšre dont l’observĂ© redĂ©marre aprĂšs cet arrĂȘt). Peu importe la mĂ©thode qui a conduit en arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme si l’observateur redĂ©marre l’observĂ© avec PTRACE_SYSCALL , l’observĂ© entre en arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme quand l’appel systĂšme est terminĂ© ou s’il est interrompu par un signal (c’est-Ă -dire qu’un arrĂȘt-distribution-signal n’arrive jamais entre un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme et un arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme ; il arrive aprĂšs l’arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme). Si l’observĂ© est poursuivi en utilisant une autre mĂ©thode (notamment PTRACE_SYSEMU ), aucun arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme ne se produit. Remarquez que toutes les mentions PTRACE_SYSEMU s’appliquent Ă©galement Ă  PTRACE_SYSEMU_SINGLESTEP .

Toutefois, mĂȘme si l’observĂ© a Ă©tĂ© poursuivi en utilisant PTRACE_SYSCALL , il n’est pas garanti que le prochain arrĂȘt sera un arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme. D’autres possibilitĂ©s sont que l’observĂ© pourrait s’arrĂȘter dans un arrĂȘt PTRACE_EVENT , sortir (s’il est entrĂ© en _exit (2) ou exit_group (2)), ĂȘtre tuĂ© par SIGKILL ou mourir silencieusement (s’il s’agit d’un leader de groupe de threads, que l’ execve (2) est arrivĂ© dans un autre thread et que ce thread n’est pas suivi par le mĂȘme observateur ; cette situation sera abordĂ©e plus tard).

Les arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme et arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme sont respectĂ©s par l’observateur tant que waitpid (2) retourne avec WIFSTOPPED(status) vrai, et que WSTOPSIG(status) donne SIGTRAP . Si l’option PTRACE_O_TRACESYSGOOD Ă©tait configurĂ©e par l’observateur, alors WSTOPSIG(status) donnera la valeur ( SIGTRAP | 0x80 ).

Les arrĂȘts-appel-systĂšme peuvent ĂȘtre distinguĂ©s d’un arrĂȘt-distribution-signal avec SIGTRAP en demandant PTRACE_GETSIGINFO pour les cas suivants.
si_code
<= 0

SIGTRAP a Ă©tĂ© distribuĂ© comme rĂ©sultat d’une action en espace utilisateur, par exemple, un appel systĂšme ( tgkill (2), kill (2), sigqueue (3), etc.), l’expiration d’un minuteur POSIX, la modification d’état sur une file de messages POSIX oĂč la fin d’une opĂ©ration d’E/S asynchrone.

si_code == SI_KERNEL (0x80)

SIGTRAP a été envoyé par le noyau.

si_code == SIGTRAP ou si_code == (SIGTRAP|0x80)

C’est un arrĂȘt-appel-systĂšme.

Cependant, les arrĂȘts-appel-systĂšme arrivent trĂšs souvent (deux fois par appel systĂšme) et rĂ©aliser PTRACE_GETSIGINFO pour chaque arrĂȘt-appel-systĂšme pourrait ĂȘtre assez coĂ»teux.

Certaines architectures permettent de distinguer ces cas en examinant les registres. Par exemple, sur x86, rax == - ENOSYS en arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme. Puisque SIGTRAP (comme tout autre signal) arrive toujours aprĂšs l’arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme et que rax ne contient Ă  ce moment presque jamais - ENOSYS , le SIGTRAP ressemble Ă  un « arrĂȘt-appel-systĂšme qui n’est pas un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme » ; autrement dit, il ressemble Ă  un « arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme perdu » et peut ĂȘtre dĂ©tectĂ© de cette façon. Une telle dĂ©tection est nĂ©anmoins fragile, elle est donc a Ă©viter.

L’utilisation de l’option PTRACE_O_TRACESYSGOOD est la mĂ©thode conseillĂ©e pour distinguer les arrĂȘts-appel-systĂšme des autres sortes d’arrĂȘts-ptrace, puisqu’il est fiable et n’induit pas de perte de performances.

Les arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme et arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme ne sont pas diffĂ©rentiables l’un de l’autre. L’observateur doit garder une trace de la suite d’arrĂȘts-ptrace afin de ne pas mal interprĂ©ter un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme comme un arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme ou vice versa. GĂ©nĂ©ralement, l’arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme est toujours suivi par un arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme, un arrĂȘt PTRACE_EVENT ou la mort de l’observé ; aucune autre sorte d’arrĂȘt-ptrace ne peut arriver entre-deux. Toutefois, remarquez que les arrĂȘts seccomp (voir ci-dessous) peuvent provoquer des arrĂȘts-sortie-appel-systĂšme sans arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme prĂ©alable. Si seccomp, il faut faire attention Ă  ne pas mal interprĂ©ter de tels arrĂȘts en arrĂȘts-entrĂ©e-appel-systĂšme.

Si suite Ă  un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme, l’observateur utilise une commande de redĂ©marrage diffĂ©rente de PTRACE_SYSCALL , l’arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme n’est pas créé.

PTRACE_GETSIGINFO sur les arrĂȘts-appel-systĂšme renvoie SIGTRAP dans si_signo , avec si_code configurĂ© Ă  SIGTRAP ou ( SIGTRAP | 0x80 ).

ArrĂȘts PTRACE_EVENT_SECCOMP (Linux 3.5 Ă  Linux 4.7)

Le comportement des arrĂȘts PTRACE_EVENT_SECCOMP et leur interaction avec les autres types d’arrĂȘt ptrace a changĂ© entre les versions du noyau. Nous documentons ici le comportement lors de leur introduction dans Linux 4.7 (inclus). Le comportement dans les versions postĂ©rieures du noyau est documentĂ© dans la section suivante.

Un arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP se produit Ă  chaque fois qu’une rĂšgle SECCOMP_RET_TRACE est dĂ©clenchĂ©e. Cela est indĂ©pendant de la mĂ©thode utilisĂ©e pour redĂ©marrer l’appel systĂšme. En particulier, seccomp s’exĂ©cute toujours mĂȘme si l’observĂ© a Ă©tĂ© redĂ©marrĂ© en utilisant PTRACE_SYSEMU et cet appel systĂšme est sautĂ© sans condition.

Les redĂ©marrages Ă  partir de cet arrĂȘt se comporteront comme si l’arrĂȘt s’était produit juste avant l’appel systĂšme en question. En particulier, tant PTRACE_SYSCALL que PTRACE_SYSEMU provoqueront normalement un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme ultĂ©rieur. Cependant, si aprĂšs le PTRACE_EVENT_SECCOMP le numĂ©ro de l’appel systĂšme est nĂ©gatif, l’arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme et l’appel lui-mĂȘme seront tous deux sautĂ©s. Cela veut dire que si le numĂ©ro d’appel systĂšme est nĂ©gatif aprĂšs un PTRACE_EVENT_SECCOMP et si l’observĂ© est redĂ©marrĂ© en utilisant PTRACE_SYSCALL , le prochain arrĂȘt observĂ© sera un arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme et non un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme qui comme on aurait pu s’y attendre.

ArrĂȘts PTRACE_EVENT_SECCOMP (depuis Linux 4.8)

À partir de Linux 4.8, l’arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP a Ă©tĂ© rĂ©amĂ©nagĂ© pour intervenir entre l’arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme et l’arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme. Remarquez que seccomp ne s’exĂ©cute plus (et aucun PTRACE_EVENT_SECCOMP ne sera renvoyĂ©) si l’appel systĂšme est sautĂ© du fait d’un PTRACE_SYSEMU .

Pratiquement, un arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP fonctionne comme un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme (Ă  savoir que les reprises utilisant PTRACE_SYSCALL provoqueront des arrĂȘts-sortie-appel-systĂšme, le numĂ©ro de l’appel systĂšme peut ĂȘtre modifiĂ© et tous les registres modifiĂ©s sont visibles Ă©galement Ă  l’appel systĂšme Ă  exĂ©cuter). Remarquez qu’il peut y avoir, sans obligation qu’il y ait dĂ©jĂ  eu, un arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme prĂ©cĂ©dent.

AprĂšs un arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP , seccomp sera rĂ©exĂ©cutĂ©, avec une rĂšgle SECCOMP_RET_TRACE qui fonctionne dĂ©sormais de la mĂȘme maniĂšre que SECCOMP_RET_ALLOW . En particulier, cela veut dire que si les registres ne sont pas modifiĂ©s lors d’un arrĂȘt PTRACE_EVENT_SECCOMP , l’appel systĂšme aura alors l’autorisation.

ArrĂȘts PTRACE_SINGLESTEP

[Les prĂ©cisions sur ces types d’arrĂȘts sont encore Ă  documenter.]

Commandes ptrace d’information et de redĂ©marrage

La plupart des commandes ptrace (toutes sauf PTRACE_ATTACH , PTRACE_SEIZE , PTRACE_TRACEME , PTRACE_INTERRUPT et PTRACE_KILL ) nĂ©cessitent que l’observĂ© soit en arrĂȘt-ptrace, sinon il Ă©choue avec ESRCH .

Quand l’observĂ© est en arrĂȘt-ptrace, l’observateur peut lire et Ă©crire les donnĂ©s sur l’observĂ© en utilisant les commandes d’information. Ces commandes laissent l’observĂ© en Ă©tat arrĂȘtĂ©-ptrace :

ptrace(PTRACE_PEEKTEXT/PEEKDATA/PEEKUSER, pid, addr, 0);
ptrace(PTRACE_POKETEXT/POKEDATA/POKEUSER, pid, addr, long_val);
ptrace(PTRACE_GETREGS/GETFPREGS, pid, 0, &struct);
ptrace(PTRACE_SETREGS/SETFPREGS, pid, 0, &struct);
ptrace(PTRACE_GETREGSET, pid, NT_foo, &iov);
ptrace(PTRACE_SETREGSET, pid, NT_foo, &iov);
ptrace(PTRACE_GETSIGINFO, pid, 0, &siginfo);
ptrace(PTRACE_SETSIGINFO, pid, 0, &siginfo);
ptrace(PTRACE_GETEVENTMSG, pid, 0, &long_var);
ptrace(PTRACE_SETOPTIONS, pid, 0, PTRACE_O_flags);

Remarquez que certaines erreurs ne sont pas signalĂ©es. Par exemple, la configuration d’informations de signal ( siginfo ) pourrait ĂȘtre sans effet pour certains arrĂȘts-ptrace, alors que l’appel pourrait-ĂȘtre rĂ©ussi (en renvoyant 0 et sans dĂ©finir errno ) ; la demande de PTRACE_GETEVENTMSG pourrait rĂ©ussir et renvoyer une quelconque valeur alĂ©atoire si l’arrĂȘt-ptrace actuel n’est pas documentĂ© comme renvoyant un message d’évĂ©nement significatif.

L’appel’

ptrace(PTRACE_SETOPTIONS, pid, 0, PTRACE_O_flags);

ne concerne qu’un observĂ©. Les attributs actuels de l’observĂ© sont remplacĂ©s. Les attributs sont hĂ©ritĂ©s par les nouveaux observĂ©s créés et « attachĂ©s automatiquement » Ă  l’aide d’options PTRACE_O_TRACEFORK , PTRACE_O_TRACEVFORK ou PTRACE_O_TRACECLONE actives.

Un autre groupe de commandes peut redĂ©marrer l’observĂ© arrĂȘtĂ©-ptrace. Ils sont de la forme :

ptrace(cmd, pid, 0, sig);

oĂč cmd est PTRACE_CONT , PTRACE_LISTEN , PTRACE_DETACH , PTRACE_SYSCALL , PTRACE_SINGLESTEP , PTRACE_SYSEMU ou PTRACE_SYSEMU_SINGLESTEP . Si l’observĂ© est en arrĂȘt-distribution-signal, sig est le signal Ă  injecter (s’il est non nul). Sinon, sig pourrait ĂȘtre ignorĂ© (lors du redĂ©marrage d’un observĂ© depuis un arrĂȘt-ptrace diffĂ©rent d’un arrĂȘt-distribution-signal, il est conseillĂ© de toujours passer 0 Ă  sig ).

Attachement et détachement

Un thread peut ĂȘtre attachĂ© Ă  l’observateur en utilisant l’appel

ptrace(PTRACE_ATTACH, pid, 0, 0);

ou

ptrace(PTRACE_SEIZE, pid, 0, PTRACE_O_flags);

PTRACE_ATTACH envoie aussi SIGSTOP Ă  ce thread. Si l’observateur veut que SIGSTOP soit sans effet, il doit le supprimer. Remarquez que si d’autres signaux sont envoyĂ©s en mĂȘme temps Ă  ce thread pendant l’attachement, l’observateur pourrait voir l’observĂ© entrer en arrĂȘt-distribution-signal avec d’autres signaux d’abord ! Ces signaux sont d’habitude rĂ©injectĂ©s jusqu’à ce que SIGSTOP soit vu, puis l’injection SIGSTOP est supprimĂ©e. Le bogue de conception ici est qu’un attachement ptrace et un SIGSTOP distribuĂ©s en mĂȘme temps peuvent entrer en compĂ©tition et le SIGSTOP risque d’ĂȘtre perdu.

Puisque l’attachement envoie SIGSTOP et que l’observateur le supprime normalement, cela risque de forcer le retour d’un EINTR perdu de l’appel systĂšme en cours d’exĂ©cution dans l’observĂ©, tel que c’est dĂ©crit dans la section Injection et suppression de signal .

Depuis Linux 3.4, PTRACE_SEIZE peut ĂȘtre utilisĂ© Ă  la place de PTRACE_ATTACH . PTRACE_SEIZE n’arrĂȘte pas le processus attachĂ©. Si vous devez l’arrĂȘter aprĂšs attachement (ou Ă  n’importe quel autre moment) sans lui envoyer de signal du tout, utilisez la commande PTRACE_INTERRUPT .

L’opĂ©ration

ptrace(PTRACE_TRACEME, 0, 0, 0);

transforme le thread appelant en observĂ©. L’appel continue d’ĂȘtre exĂ©cutĂ© (n’entre pas en arrĂȘt-ptrace). PTRACE_TRACEME est habituellement suivi avec

raise(SIGSTOP);

et permet au parent (qui est maintenant l’observateur) de respecter l’arrĂȘt-distribution-signal.

Si les options PTRACE_O_TRACEFORK , PTRACE_O_TRACEVFORK ou PTRACE_O_TRACECLONE font effet, alors les enfants respectivement créés par vfork (2) ou clone (2) avec l’attribut CLONE_VFORK , fork (2) ou clone (2) avec le signal de sortie configurĂ© Ă  SIGCHLD , et d’autres sortes de clone (2), sont automatiquement attachĂ©s au mĂȘme observateur qui Ă  suivi leur parent. SIGSTOP est distribuĂ© aux enfants, les forçant Ă  entrer en arrĂȘt-distribution-signal aprĂšs ĂȘtre sortis de l’appel systĂšme qu’ils ont créé.

Le dĂ©tachement de l’observĂ© est rĂ©alisĂ© par :

ptrace(PTRACE_DETACH, pid, 0, sig);

PTRACE_DETACH est une opĂ©ration de redĂ©marrage ; par consĂ©quent elle nĂ©cessite que l’observĂ© soit en arrĂȘt-ptrace. Si l’observĂ© est en arrĂȘt-distribution-signal, un signal peut ĂȘtre injectĂ©. Sinon, le paramĂštre sig pourrait ĂȘtre silencieusement ignorĂ©.

Si l’observĂ© est en cours d’exĂ©cution quand l’observateur veut le dĂ©tacher, la solution habituelle est d’envoyer SIGSTOP (en utilisant tgkill (2), pour s’assurer qu’il va au bon thread), d’attendre que l’observĂ© s’arrĂȘte en arrĂȘt-distribution-signal pour SIGSTOP et ensuite de le dĂ©tacher (en supprimant l’injection SIGSTOP ). Un bogue de conception est que l’observĂ© pourrait entrer dans d’autres arrĂȘts-ptrace et avoir besoin d’ĂȘtre redĂ©marrĂ© et attendre encore, jusqu’à ce que SIGSTOP soit vu. Encore une autre complication est de s’assurer que l’observĂ© n’est pas dĂ©jĂ  arrĂȘtĂ©-ptrace, parce qu’aucune distribution de signal n’arrive tant qu’il l’est — pas mĂȘme SIGSTOP .

Si l’observateur meurt, tous les observĂ©s sont automatiquement dĂ©tachĂ©s et redĂ©marrĂ©s, sauf s’il Ă©taient en arrĂȘt-groupe. Le gestion de redĂ©marrage depuis un arrĂȘt-groupe est en ce moment dysfonctionnelle, mais le comportement « prĂ©vu » est de laisser les observĂ©s arrĂȘtĂ©s et d’attendre un SIGCONT . Si l’observĂ© est redĂ©marrĂ© depuis un arrĂȘt-distribution-signal, le signal en attente est injectĂ©.

execve(2) sous ptrace

Quand un thread de processus multithreadĂ© appelle execve (2), le noyau dĂ©truit tous les autres threads du processus, et rĂ©initialise l’identifiant de thread du thread exĂ©cutĂ© Ă  l’identifiant de groupe de threads (PID) (ou, pour le prĂ©senter autrement, quand un processus multithreadĂ© fait un execve (2), Ă  la fin de l’appel, il apparaĂźt comme si l’ execve (2) s’était appliquĂ© au leader de groupe de threads, quelque soit le thread qui a fait execve (2)). Cette rĂ©initialisation de l’identifiant de thread semble est trĂšs dĂ©routante pour les observateurs.

-

Tous les autres threads s’arrĂȘtent en arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXIT , si l’option PTRACE_O_TRACEEXIT Ă©tait activĂ©e. Alors tous les autres threads sauf le leader de groupe de threads signalent leur mort comme s’il s’étaient terminĂ©s par l’intermĂ©diaire de _exit (2) avec un code de retour 0 .

-

L’observĂ© en cours d’exĂ©cution modifie son identifiant de thread pendant qu’il est dans l’ execve (2) (rappelez-vous que, sous ptrace, le « pid » renvoyĂ© par waitpid (2) ou fourni dans les appels ptrace, est l’identifiant de thread de l’observĂ©). Ainsi, l’identifiant de thread de l’observĂ© est rĂ©initialisĂ© pour ĂȘtre le mĂȘme que son identifiant de processus (PID), qui est le mĂȘme que l’identifiant de thread du leader de groupe de threads.

-

Ensuite un arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXEC arrive, si l’option PTRACE_O_TRACEEXEC Ă©tait activĂ©e.

-

Si le leader de groupe de threads a signalĂ© son arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXIT pendant ce temps, le leader de thread mort Ă  l’air de « revenir de nulle part » du point de vue de l’observateur (remarque : le leader de groupe de threads ne signale pas sa mort Ă  l’aide de WIFEXITED(status) tant qu’au moins un autre thread est en vie. Cela enlĂšve la possibilitĂ© Ă  l’observateur de le voir mourir puis rĂ©apparaĂźtre). Si le leader de groupe de threads Ă©tait encore en vie, cela pourrait ĂȘtre vu par l’observateur comme si le leader de groupe revenait d’un autre appel systĂšme que celui dans lequel il Ă©tait entrĂ©, ou mĂȘme « revenait d’un appel systĂšme mĂȘme s’il n’y avait pas d’appel systĂšme ». Si le leader de groupe de threads n’était pas suivi (ou Ă©tait suivi par un autre observateur), alors pendant execve (2) il apparaĂźtra comme s’il Ă©tait devenu un observĂ© de l’observateur de l’observĂ© en cours d’exĂ©cution.

Tous les effets prĂ©cĂ©dents sont des artifices de la modification d’identifiant de thread de l’observĂ©.

L’option PTRACE_O_TRACEEXEC est l’outil conseillĂ© pour s’occuper de cette situation. D’abord, elle active l’arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXEC , qui arrive avant le retour d’ execve (2). Dans cet arrĂȘt, l’observateur peut utiliser PTRACE_GETEVENTMSG pour rĂ©cupĂ©rer l’ancien identifiant de thread de l’observĂ© (cette fonctionnalitĂ© a Ă©tĂ© introduite avec Linux 3.0). Ensuite, l’option PTRACE_O_TRACEEXEC dĂ©sactive la crĂ©ation obsolĂšte de SIGTRAP dans execve (2).

Quand l’observĂ© reçoit une notification d’arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXEC , il est garanti qu’à part cet observĂ© et le leader de groupe de threads, aucun autre thread du processus n’est en vie.

Lors de la rĂ©ception d’une notification d’arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXEC , l’observateur devrait nettoyer toutes ses structures de donnĂ©es internes dĂ©crivant les threads de ce processus et ne garder qu’une seule structure de donnĂ©es — celle qui dĂ©crit l’unique observĂ© en cours d’exĂ©cution, avec

identifiant de thread == identifiant de groupe de threads == identifiant de processus.

Par exemple, soient deux threads qui appellent execve (2) en mĂȘme temps :

*** arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme obtenu dans le thread 1 : **
PID1 execve("/bin/truc", "truc" <pas terminé >
*** PTRACE_SYSCALL émis pour le thread 1 **
*** arrĂȘt-entrĂ©e-appel-systĂšme obtenu dans le thread 2 : **
PID2 execve("/bin/bidule", "bidule" <pas terminé >
*** PTRACE_SYSCALL émis pour le thread 2 **
*** PTRACE_EVENT_EXEC obtenu pour PID0, PTRACE_SYSCALL émis **
*** arrĂȘt-sortie-appel-systĂšme obtenu pour PID0 : **
PID0 <
 retour d’execve> ) = 0

Si l’option PTRACE_O_TRACEEXEC n’est pas effective pour l’observĂ© en cours d’exĂ©cution et si l’observĂ© a Ă©tĂ© PTRACE_ATTACH Ă© et non PTRACE_SEIZE Ă©, le noyau distribue un SIGTRAP supplĂ©mentaire Ă  l’observĂ© aprĂšs le retour d’ execve (2). C’est un signal normal (similaire Ă  celui qui peut ĂȘtre créé par kill -TRAP ), pas une sorte spĂ©ciale d’arrĂȘt-ptrace. L’utilisation de PTRACE_GETSIGINFO pour ce signal renvoie si_code configurĂ© Ă  0 ( SI_USER ). Ce signal pourrait ĂȘtre bloquĂ© par un masque de signal et pourrait ainsi ĂȘtre distribuĂ© (bien) plus tard.

Normalement, l’observateur (par exemple strace (1)) ne voudrait pas montrer ce signal SIGTRAP supplĂ©mentaire postĂ©rieur Ă  execve Ă  l’utilisateur, et voudrait supprimer sa distribution Ă  l’observĂ© (si SIGTRAP est configurĂ© Ă  SIG_DFL , c’est un signal tueur). Cependant, dĂ©terminer quel est le SIGTRAP Ă  supprimer n’est pas simple. La configuration de l’option PTRACE_O_TRACEEXEC ou l’utilisation de PTRACE_SEIZE et par consĂ©quent la suppression du SIGTRAP supplĂ©mentaire est l’approche conseillĂ©e.

Vrai parent

L’interface de programmation de ptrace utilise (parfois mal) la norme UNIX de signalement de parent ou enfant par l’intermĂ©diaire de waitpid (2). Cela a rĂ©guliĂšrement forcĂ© le vrai parent du processus Ă  arrĂȘter de recevoir plusieurs sortes de notifications de waitpid (2) quand le processus enfant est suivi par un autre processus.

De nombreux bogues de ce type ont été corrigés, mais il en reste encore beaucoup dans Linux 2.6.38. Consultez la section BOGUES ci dessous.

Depuis Linux 2.6.38, ce qui suit est censé fonctionner correctement :

-

l’exĂ©cution ou la mort par signal sont d’abord signalĂ©es Ă  l’observateur, puis, quand l’observateur consomme le rĂ©sultat de waitpid (2), au vrai parent (au vrai parent seulement quand l’intĂ©gralitĂ© du processus multithreadĂ© se termine). Si l’observateur et le vrai parent sont le mĂȘme processus, le signalement n’est envoyĂ© qu’une fois.

VALEUR RENVOYÉE

En cas de succĂšs, l’opĂ©ration PTRACE_PEEK* renvoie les donnĂ©es demandĂ©es (mais consultez les NOTES), l’opĂ©ration PTRACE_SECCOMP_GET_FILTER renvoie le nombre d’instructions du programme BPF, l’opĂ©ration PTRACE_GET_SYSCALL_INFO renvoie le nombre d’octets disponibles disponible pour ĂȘtre Ă©crits par le noyau, alors que les autres opĂ©rations renvoient zĂ©ro.

En cas d’erreur, toutes les opĂ©rations renvoient -1 et errno est dĂ©fini pour indiquer l’erreur. Comme la valeur renvoyĂ©e par une opĂ©ration PTRACE_PEEK* peut lĂ©gitimement ĂȘtre -1 , l’appelant doit effacer errno avant l’appel, et ensuite le vĂ©rifier pour savoir si une erreur s’est produite.

ERREURS

EBUSY

(i386 seulement) Une erreur est survenue lors de l’allocation ou de la libĂ©ration d’un registre de dĂ©bogage.

EFAULT

Tentative de lire ou Ă©crire dans une zone mĂ©moire non valable de l’observateur ou de l’observĂ©, probablement parce que la zone n’était pas projetĂ©e ou accessible. Malheureusement sous Linux, certaines variantes de cette erreur dĂ©clencheront EIO ou EFAULT plus ou moins arbitrairement.

EINVAL

Tentative d’utiliser une option non valable.

EIO

L’opĂ©ration op n’est pas valable ou une tentative de lecture ou d’écriture dans une zone non valable de mĂ©moire de l’observateur ou de l’observĂ© a eu lieu. Un problĂšme d’alignement a aussi pu survenir sur une frontiĂšre de mot, ou un signal non valable a Ă©tĂ© spĂ©cifiĂ© pendant une opĂ©ration de redĂ©marrage.

EPERM

Le processus indiquĂ© ne peut pas ĂȘtre suivi. Cela peut ĂȘtre dĂ» Ă  un manque de privilĂšge de l’observateur (la capacitĂ© nĂ©cessaire est CAP_SYS_PTRACE ). Les processus non privilĂ©giĂ©s ne peuvent pas suivre les processus auxquels ils ne peuvent envoyer de signal, ou ceux qui s’exĂ©cutent Set-UID/Set-GID, pour des raisons Ă©videntes. En outre, le processus visĂ© peut ĂȘtre dĂ©jĂ  suivi, ou (avant Linux 2.6.26) ĂȘtre init (8) (le processus numĂ©ro 1).

ESRCH

Le processus indiquĂ© n’existe pas, ou n’est pas suivi par l’appelant, ou n’est pas arrĂȘtĂ© (pour les opĂ©rations qui ont besoin d’un observĂ© arrĂȘtĂ©).

STANDARDS

Aucun.

HISTORIQUE

SVr4, 4.3BSD.

Avant Linux 2.6.26, init (8), le processus numĂ©ro 1, ne peut pas ĂȘtre suivi.

NOTES

Bien que les arguments de ptrace () soient interprĂ©tĂ©s comme dans le prototype donnĂ©, la bibliothĂšque glibc dĂ©clare ptrace comme une fonction variadique oĂč seul l’argument op est corrigĂ©. Il vaut mieux toujours fournir quatre arguments, mĂȘme si l’opĂ©ration demandĂ©e ne les utilise pas, en configurant les arguments non utilisĂ©s ou ignorĂ©s Ă  0L ou (void *) 0 .

Le parent d’observĂ©s reste observateur mĂȘme s’il appelle execve (2).

La disposition du contenu de la mĂ©moire et de la zone USER dĂ©pendent du systĂšme d’exploitation et de l’architecture. Le dĂ©calage fourni et les donnĂ©es renvoyĂ©es peuvent ne pas correspondre entiĂšrement avec la dĂ©finition d’une structure struct user .

La taille d’un mot (« word ») est dĂ©terminĂ©e par la version du systĂšme d’exploitation (par exemple 32 bits pour Linux 32 bits).

Cette page documente le fonctionnement actuel de ptrace () sous Linux. Celui-ci peut varier significativement d’autres types d’UNIX. De toute façon, l’utilisation de ptrace () dĂ©pend fortement de l’architecture et du systĂšme d’exploitation.

VĂ©rification du mode d’accĂšs ptrace

Divers endroits de l’API de l’espace utilisateur du noyau (pas seulement les opĂ©rations ptrace ()) exigent ce qu’on appelle des « vĂ©rifications de mode d’accĂšs ptrace », dont le rĂ©sultat dĂ©termine si une opĂ©ration est autorisĂ©e (ou, dans certains cas, fait renvoyer Ă  l’opĂ©ration « read » des donnĂ©es nettoyĂ©es). Ces vĂ©rifications sont effectuĂ©es dans les cas oĂč un processus peut accĂ©der Ă  des informations sensibles concernant un autre processus ou modifier son Ă©tat. Les vĂ©rifications s’opĂšrent sur la base de facteurs tels que les droits et les capacitĂ©s des deux processus, le fait que le processus « cible » puisse gĂ©nĂ©rer un fichier core, et des rĂ©sultats des vĂ©rifications effectuĂ©es par un module de sĂ©curitĂ© Linux activĂ© (LSM) (par exemple SELinux, Yama ou Smack) et par le LSM commoncap (qui est toujours appelĂ©).

Avant Linux 2.6.27, toutes les vĂ©rifications d’accĂšs Ă©taient d’un seul type. Depuis Linux 2.6.27, on distingue deux niveaux de modes d’accĂšs :
PTRACE_MODE_READ

Pour les opĂ©rations « read » ou d’autres moins dangereuses telles que : get_robust_list (2) ; kcmp (2) ; la lecture de /proc/ pid /auxv , /proc/ pid /environ ou de /proc/ pid /stat ; ou le readlink (2) d’un fichier /proc/ pid /ns/* .

PTRACE_MODE_ATTACH

Pour les opĂ©rations « write » ou d’autres plus dangereuses telles que : le rattachement de ptrace ( PTRACE_ATTACH ) Ă  un autre processus ou un appel process_vm_writev (2) ( PTRACE_MODE_ATTACH Ă©tait celui par dĂ©faut avant Linux 2.6.27).

Depuis Linux 4.5, les vĂ©rifications de mode d’accĂšs ci-dessus sont combinĂ©es (opĂ©ration OU) avec un ou plusieurs des modificateurs suivants :
PTRACE_MODE_FSCREDS

Utiliser l’identifiant de groupe ou d’utilisateur du systĂšme de fichiers de l’appelant (voir credentials (7)) ou les capacitĂ©s effectives pour les vĂ©rifications LSM.

PTRACE_MODE_REALCREDS

Utiliser l’identifiant de groupe ou d’utilisateur rĂ©el de l’appelant ou les capacitĂ©s autorisĂ©es pour les vĂ©rifications LSM. C’était l’action par dĂ©faut avant Linux 4.5.

La combinaison d’un des modificateurs de droits avec un des modes d’accĂšs ci-dessus Ă©tant classique, certaines macros sont dĂ©finies dans les sources du noyau pour les combinaisons :
PTRACE_MODE_READ_FSCREDS

Définie en tant que PTRACE_MODE_READ | PTRACE_MODE_FSCREDS .

PTRACE_MODE_READ_REALCREDS

Définie en tant que PTRACE_MODE_READ | PTRACE_MODE_REALCREDS .

PTRACE_MODE_ATTACH_FSCREDS

Définie en tant que PTRACE_MODE_ATTACH | PTRACE_MODE_FSCREDS .

PTRACE_MODE_ATTACH_REALCREDS

Définie en tant que PTRACE_MODE_ATTACH | PTRACE_MODE_REALCREDS .

Un modificateur supplĂ©mentaire peut ĂȘtre liĂ© (opĂ©ration OU) au mode d’accĂšs :
PTRACE_MODE_NOAUDIT
(depuis Linux 3.3)

Ne pas effectuer la vĂ©rification de ce mode d’accĂšs. Ce modificateur est utilisĂ© pour les vĂ©rifications de mode d’accĂšs ptrace (telles que celles faites lors de la lecture de /proc/ pid /stat ) qui filtrent ou nettoient la sortie au lieu de renvoyer une erreur Ă  l’appelant. Dans ces cas, l’accĂšs au fichier n’est pas une violation de sĂ©curitĂ© et il n’y aucune raison de gĂ©nĂ©rer un enregistrement de l’évaluation de la sĂ©curitĂ©. Ce modificateur supprime la gĂ©nĂ©ration d’un tel enregistrement pour cette vĂ©rification d’accĂšs particuliĂšre.

Remarquez que toutes les constantes PTRACE_MODE_* dĂ©crites dans cette sous-section sont internes au noyau et invisibles Ă  l’espace utilisateur. Le nom des constantes est mentionnĂ© ici pour identifier les diffĂ©rents types de vĂ©rification des modes d’accĂšs ptrace effectuĂ©es pour divers appels systĂšme et divers accĂšs Ă  des pseudofichiers (comme dans /proc ). Ces noms sont utilisĂ©s dans d’autres pages de manuel pour fournir un raccourci simple d’identification des vĂ©rifications du noyau.

L’algorithme utilisĂ© pour la vĂ©rification des modes d’accĂšs ptrace dĂ©termine si le processus appelant est autorisĂ© Ă  effectuer l’action correspondante sur le processus cible (pour l’ouverture des fichiers /proc/ pid, le « processus appelant » est celui qui ouvre le fichier et le processus dont le PID correspond est le « processus cible »). L’algorithme est comme suit :

(1)

Si le thread appelant et cible sont dans le mĂȘme groupe de threads, l’accĂšs est toujours autorisĂ©.

(2)

Si le mode d’accĂšs indique PTRACE_MODE_FSCREDS , lors de la vĂ©rification de la prochaine Ă©tape, utiliser l’identifiant d’utilisateur et de groupe du systĂšme de fichiers appelant (comme indiquĂ© dans credentials (7), les identifiants d’utilisateur et de groupe du systĂšme de fichiers ont presque toujours la mĂȘme valeur que les identifiants effectifs correspondant).

Sinon le mode d’accĂšs indique PTRACE_MODE_REALCREDS , donc utiliser l’identifiant d’utilisateur et de groupe rĂ©els de l’appelant lors des vĂ©rifications de la prochaine Ă©tape (la plupart des API qui vĂ©rifient les identifiants d’utilisateur et de groupe utilisent les identifiants effectifs. Pour des raisons historiques, la vĂ©rification PTRACE_MODE_REALCREDS utilise plutĂŽt ceux rĂ©els).

(3)

Interdire l’accùs si rien de ce qui suit n’est vrai :

-

Les identifiants utilisateur rĂ©el, effectif et dĂ©fini de la cible correspondent Ă  l’identifiant utilisateur de l’appelant et les identifiants rĂ©els, effectifs et dĂ©finis de groupe de la cible correspondent Ă  ceux de groupe de l’appelant.

-

L’appelant a la capacitĂ© CAP_SYS_PTRACE dans l’espace de noms utilisateur de la cible.

(4)

Interdire l’accĂšs si l’attribut « dumpable » du processus cible a une autre valeur que 1 ( SUID_DUMP_USER ; voir le point sur PR_SET_DUMPABLE dans prctl (2)) et l’appelant n’a pas la capacitĂ© CAP_SYS_PTRACE dans l’espace de noms de l’utilisateur du processus cible.

(5)

L’interface security_ptrace_access_check () du LSM du noyau est appelĂ©e pour voir si l’accĂšs ptrace est autorisĂ©. Le rĂ©sultat dĂ©pend des LSM. L’implĂ©mentation de cette interface dans le LSM commoncap suit les Ă©tapes suivantes :

(5.1)

Si le mode d’accĂšs comprend PTRACE_MODE_FSCREDS , utiliser l’ensemble des capacitĂ©s effectives de l’appelant dans la prochaine vĂ©rification ; sinon (si le mode d’accĂšs indique PTRACE_MODE_REALCREDS ), utiliser l’ensemble des capacitĂ©s autorisĂ©es de l’appelant.

(5.2)

Interdire l’accùs si rien de ce qui suit n’est vrai :

-

Les processus appelant et cible sont dans le mĂȘme espace de noms utilisateur et les capacitĂ©s de l’appelant sont un surensemble des capacitĂ©s autorisĂ©es du processus cible.

-

L’appelant a la capacitĂ© CAP_SYS_PTRACE dans l’espace de noms utilisateur du processus cible.

Remarquez que le LSM commoncap ne fait pas de différence entre PTRACE_MODE_READ et PTRACE_MODE_ATTACH .

(6)

Si l’accĂšs n’a pas Ă©tĂ© interdit par une Ă©tape prĂ©cĂ©dente, il est autorisĂ©.

/proc/sys/kernel/yama/ptrace_scope

Sur des systĂšmes ayant un Yama Linux Security Module (LSM) installĂ© (donc si le noyau a Ă©tĂ© configurĂ© avec CONFIG_SECURITY_YAMA ), le fichier /proc/sys/kernel/yama/ptrace_scope (disponible depuis Linux 3.4) peut ĂȘtre utilisĂ© pour restreindre la possibilitĂ© d’observer un processus avec ptrace () (et ainsi, celle d’utiliser des outils tels que strace (1) et gdb (1)). Le but de telles restrictions est d’empĂȘcher des attaques en cascade par lesquelles un processus infectĂ© peut s’attacher avec un ptrace Ă  d’autres processus sensibles (comme un agent GPG ou une session SSH) appartenant Ă  l’utilisateur, afin d’obtenir d’autres droits qui pourraient exister en mĂ©moire et ainsi, Ă©largir l’objectif de l’attaque.

Plus prĂ©cisĂ©ment, le Yama LSM limite deux types d’opĂ©rations :

-

Toute opĂ©ration qui effectue une vĂ©rification PTRACE_MODE_ATTACH de mode d’accĂšs (par exemple, PTRACE_ATTACH de ptrace (), voir le point sur les « vĂ©rifications de mode d’accĂšs ptrace » ci-dessus).

-

PTRACE_TRACEME ptrace ().

Un processus ayant la capacité CAP_SYS_PTRACE peut mettre à jour le fichier /proc/sys/kernel/yama/ptrace_scope avec une ou plusieurs des valeurs suivantes :
0
(droits ptrace « classiques »)

Aucune restriction supplémentaire sur les opérations qui effectuent des vérifications PTRACE_MODE_ATTACH (au-delà de celles imposées par le LSM commoncap et les autres).

L’utilisation de PTRACE_TRACEME ne change pas.

1 (« ptrace restreint » (valeur par défaut)

Lors d’une opĂ©ration qui exige une vĂ©rification PTRACE_MODE_ATTACH , le processus appelant doit avoir soit la capacitĂ© CAP_SYS_PTRACE dans l’espace de noms utilisateur du processus cible, soit une relation prĂ©dĂ©finie avec le processus cible. Par dĂ©faut, la relation prĂ©dĂ©finie est que le processus cible doit ĂȘtre un descendant de l’appelant.

Un processus cible peut utiliser l’opĂ©ration PR_SET_PTRACER de prctl (2) pour dĂ©clarer un PID supplĂ©mentaire autorisĂ© Ă  effectuer des opĂ©rations PTRACE_MODE_ATTACH sur la cible. Voir le fichier Documentation/admin-guide/LSM/Yama.rst des sources du noyau (ou Documentation/security/Yama.txt avant Linux 4.13) pour plus de dĂ©tails.

L’utilisation de PTRACE_TRACEME ne change pas.

2 (attachement « admin-only »)

Seuls les processus ayant la capacitĂ© CAP_SYS_PTRACE dans l’espace de noms de l’utilisateur du processus cible peuvent effectuer des opĂ©rations PTRACE_MODE_ATTACH ou observer les enfants qui utilisent PTRACE_TRACEME .

3 (« pas d’attachement »)

Aucun processus ne peut effectuer d’opĂ©ration PTRACE_MODE_ATTACH ou observer les enfants qui utilisent PTRACE_TRACEME .

Une fois que cette valeur a Ă©tĂ© Ă©crite dans le fichier, elle ne peut pas ĂȘtre modifiĂ©e.

Par rapport aux valeurs 1 et 2 , remarquez que la crĂ©ation d’un nouvel espace de noms utilisateur supprime de fait la protection apportĂ©e par Yama. Cela parce qu’un processus dans l’espace de noms de l’utilisateur parent dont l’identifiant utilisateur effectif correspond Ă  celui de l’espace de noms enfant a toutes les capacitĂ©s (y compris CAP_SYS_PTRACE ) lorsqu’il effectue des opĂ©rations dans l’espace de noms utilisateur de l’enfant (et les descendants supprimĂ©s plus tard de cet espace de noms). Par consĂ©quent, quand un processus essaie d’utiliser les espaces de noms utilisateur pour s’isoler lui-mĂȘme, il affaiblit Ă  son insu les protections apportĂ©es par le Yama LSM.

Différences entre bibliothÚque C et noyau

L’interface de programmation de l’appel systĂšme est diffĂ©rente pour les opĂ©rations PTRACE_PEEKTEXT , PTRACE_PEEKDATA et PTRACE_PEEKUSER : elles stockent le rĂ©sultat Ă  l’adresse indiquĂ©e par le paramĂštre data , et la valeur de retour est l’attribut d’erreur. La fonction glibc encapsulant cet appel fournit une interface dĂ©taillĂ©e dans la section DESCRIPTION ci-dessus, et le rĂ©sultat qu’elle renvoie est le rĂ©sultat de l’appel systĂšme.

BOGUES

Sur les machines ayant des en-tĂȘtes du noyau Linux 2.6, PTRACE_SETOPTIONS est dĂ©clarĂ© avec une valeur diffĂ©rente de celle de Linux 2.4. De ce fait, les applications compilĂ©es avec des en-tĂȘtes du noyau Linux 2.6 ne peuvent pas s’exĂ©cuter sous Linux 2.4. Il est possible de contourner cette difficultĂ© en redĂ©finissant PTRACE_SETOPTIONS Ă  PTRACE_OLDSETOPTIONS , si cette derniĂšre constante est dĂ©finie.

Les notifications d’arrĂȘt-groupe sont envoyĂ©es Ă  l’observateur, mais pas au vrai parent. C’était encore vrai sur 2.6.38.6.

Si un leader de groupe de threads est suivi et existe en appelant _exit (2), un arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXIT lui arrivera (si rĂ©clamĂ©), mais la notification WIFEXITED suivante ne sera pas distribuĂ©e avant la fin de tous les autres threads. Comme expliquĂ© prĂ©cĂ©demment, si un des autres threads appelle execve (2), la mort du leader de groupe de threads ne sera jamais signalĂ©e. Si le thread exĂ©cutĂ© n’est pas suivi par cet observateur, l’observĂ© ne saura jamais qu’ execve (2) est arrivĂ©. Un contournement possible est de PTRACE_DETACH er le leader de groupe de threads au lieu de le redĂ©marrer dans ce cas. C’était encore vrai sur 2.6.38.6.

Un signal SIGKILL pourrait encore provoquer un arrĂȘt PTRACE_EVENT_EXIT avant une vĂ©ritable mort du signal. Cela pourrait Ă©voluer Ă  l’avenir. SIGKILL est supposĂ© tuer immĂ©diatement les tĂąches mĂȘme sous ptrace. C’était encore vrai sur Linux 3.13.

Certains appels systĂšme renvoient EINTR si un signal a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  l’observĂ©, mais que la distribution a Ă©tĂ© supprimĂ©e par l’observateur (c’est une opĂ©ration tout Ă  fait caractĂ©ristique : elle est normalement rĂ©alisĂ©e par les dĂ©bogueurs sur tous les attachements, afin de ne pas introduire de SIGSTOP dĂ©fectueux). Depuis Linux 3.2.9, les appels systĂšme suivants sont concernĂ©s (cette liste est sans doute incomplĂšte) : epoll_wait (2) et read (2) depuis un descripteur de fichier inotify (7). Le symptĂŽme classique de ce bogue est qu’en attachant Ă  un processus quiescent avec la commande

strace -p <process-ID>

alors, au lieu de la ligne de sortie habituelle attendue comme

restart_syscall(<... reprise de l’appel interrompu ...>_

ou

select(6, [5], NULL, [5], NULL_

(« _ » indique la position du curseur), plusieurs lignes sont affichées. Par exemple :

clock_gettime(CLOCK_MONOTONIC, {15370, 690928118}) = 0
epoll_wait(4,_

Ce qui n’est pas visible ici est que le processus a Ă©tĂ© bloquĂ© dans epoll_wait (2) avant que strace (1) ne s’y soit attachĂ©. L’attachement a forcĂ© epoll_wait (2) Ă  revenir dans l’espace utilisateur avec l’erreur EINTR . Dans ce cas particulier, le programme a rĂ©agit Ă  EINTR en vĂ©rifiant l’heure actuelle et en exĂ©cutant encore epoll_wait (2) (les programmes qui ne s’attendent pas Ă  de telles erreurs EINTR « perdue » risquent de se comporter de façon inattendue sur une attache strace (1)).

Contrairement aux rĂšgles normales, l’enveloppe de la glibc pour ptrace () peut positionner errno sur zĂ©ro.

VOIR AUSSI

gdb (1), ltrace (1), strace (1), clone (2), execve (2), fork (2), gettid (2), prctl (2), seccomp (2), sigaction (2), tgkill (2), vfork (2), waitpid (2), exec (3), capabilities (7), signal (7)

TRADUCTION

La traduction française de cette page de manuel a été créée par Christophe Blaess <https://www.blaess.fr/christophe/>, Stéphan Rafin <stephan.rafin@laposte.net>, Thierry Vignaud <tvignaud@mandriva.com>, François Micaux, Alain Portal <aportal@univ-montp2.fr>, Jean-Philippe Guérard <fevrier@tigreraye.org>, Jean-Luc Coulon (f5ibh) <jean-luc.coulon@wanadoo.fr>, Julien Cristau <jcristau@debian.org>, Thomas Huriaux <thomas.huriaux@gmail.com>, Nicolas François <nicolas.francois@centraliens.net>, Florentin Duneau <fduneau@gmail.com>, Simon Paillard <simon.paillard@resel.enst-bretagne.fr>, Denis Barbier <barbier@debian.org>, David Prévot <david@tilapin.org> et Jean-Philippe MENGUAL <jpmengual@debian.org>

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